Les avocats du collectif des naufragés français du Concordia ont signé le 17 avril un protocole d'accord avec le croisiériste. Les 235 passagers vont recevoir dans les prochains jours une provision de 8.000 euros, en attendant d'évaluer leur préjudice individuel.

Il a fallu assigner Costa devant le juge des référés de Nanterre, et même menacer de faire saisir à titre conservatoire un navire sur le port de Marseille, mais les négociations ont abouti. "Je viens de recevoir plus de deux millions d'euros sur mon compte client" explique Me Bertrand Courtois, l'avocat du collectif, qui va reverser dès demain 8.000 euros aux 235 passagers qui ont accepté l'accord.

"Une somme attendue avec impatience par les victimes", explique Me Courtois à Sara Ghibaudo

Ce n'est qu'une provision : les avocats du collectif ont désormais cinq mois pour examiner les dossiers de chacun et formuler une demande de préjudice matériel ou "d'angoisse". "Un passager qui a été évacué sans difficulté ne pourra pas demander la même indemnisation que quelqu'un qui a vu des personnes se noyer ou qui a cru perdre son enfant", explique Me Courtois.

Pour les cas les plus lourds, le collectif et Costa ont prévu une procédure d'expertise judiciaire, par un médecin traumatologue et un psychiatre. Costa s'engage à payer les frais d'avocat et de psychologue dont les passagers ont besoin, et n'a exigé des signataires aucune renonciation à poursuivre leur combat au pénal, ou devant des juridictions étrangères.

Par ailleurs, pour ceux dont le préjudice serait modéré, l'offre initiale d'une indemnisation de 11.000 euros pour solde de tout compte reste valable jusqu'à fin novembre. "11.000 euros c'était suffisant pour certains, mais ce n'était pas à Costa d'évaluer le préjudice" souligne Anne Decré,.

Pour la présidente du collectif, les traumatismes sont "irréversibles".

"Nous avons toujours dit que ce n'était pas une question d'argent mais de respect de la personne. C'est une première étape, un premier succès", explique Anne Decré, qui espère que "les négociations sur les préjudices individuels seront moins laborieuses".

Il y avait 462 passagers français à bord du Concordia lors du naufrage du 13 janvier au large de l'île toscane du Giglio, dont six sont morts et deux sont encore portés disparus.

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