Alors que le nombre d'hospitalisations d'enfants pour Covid augmente ces derniers jours, les cas graves restent rares. Les enfants placés en réanimation le sont en général pour des syndromes inflammatoires multisystémiques pédiatriques, des PIMS. Les médecins craignent une nouvelle vague importante de cas avec Omicron.

Les vagues Delta et Omicron multiplient le nombre d'enfants hospitalisés pour Covid.
Les vagues Delta et Omicron multiplient le nombre d'enfants hospitalisés pour Covid. © Maxppp / Alexandre Marchi

Deux fois plus d'enfants hospitalisés en réanimation pour Covid-19 en ce début janvier par rapport au plus fort de novembre ou de décembre. Mardi soir, lors du débat sur la pass vaccinal, le ministre de la santé Olivier Véran s'en est ému devant les députés rappelant que si "les risques pour un enfant de présenter une forme grave sont très faibles, [...] il y en a".

Une très faible partie hospitalisée

La semaine précédent la rentrée, selon les chiffres de Santé publique France, 77 317 enfants de 0 à 9 ans étaient positifs au Covid. Une très faible partie d'entre eux ont du être hospitalisés, 254 soit 0,33%. Et une frange encore plus faible placée en réanimation. Soixante-quatre mardi soir selon les chiffres cités par le ministre. Mais "soixante enfants qui sont en réanimation pour une maladie infectieuse, c'est déjà énorme", s'attriste Olivier Véran. "La dynamique épidémique, même si elle est moins impressionnante dans les chiffres que s’agissant des adultes, poursuit son augmentation."

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L'augmentation du nombre de cas chez les enfants suit en effet la pente des contaminations des adultes et plus particulièrement celle des 30-40 ans, les personnes en âge d'être parents. Selon la Société française de pédiatrie, cette hausse est donc le parfait témoin de la large circulation dans la population du virus et, l'école étant fermée pendant les vacances, c'est bel et bien la contamination intra-familiale qui est en cause. 

Quel profil pour les enfants hospitalisés ? 

Les remontées statistiques de la Société française de pédiatrie montre trois grandes catégories d'enfants hospitalisés pour Covid. Son président, le professeur Robert Cohen entre dans le détail : "On compte 30 à 40% d'enfants de moins de trois mois car ils sont très vite hospitalisés en cas de grosse fièvre par exemple pour surveillance. Ensuite il y a 10 à 20% de co-infections virales, c'est à dire le Covid lié à une autre maladie comme la bronchiolite ou la grippe. Enfin, on a 20% de pathologies aggravantes comme la drépanocytose ou la mucoviscidose, en fait toutes les comorbidités.

Quant aux enfants hospitalisés en réanimation, pour plus de la moitié, ils le sont pour syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique, dit PIMS. Depuis le début de la pandémie, 745 cas de PIMS en lien avec la COVID-19 ont été dénombrés en France. 745 en lien avec la COVID-19. Santé Publique France note une nouvelle augmentation du nombre des cas depuis fin novembre.

Aujourd'hui, c'est ce syndrome qui inquiète les pédiatres et pour lequel ils se préparent. Les PIMS se déclarent en effet 15 jours à 3 semaines après la contamination. Le Covid peut même passer inaperçu et pourtant déclencher une inflammation générale. Les plus graves débouchent sur des myocardites et des complications cardiaques. D'où les hospitalisations en réanimation. 

Les PIMS, principale cause des entrées en réanimation

"Les PIMS, ils ne sont pas encore là, ils seront là dans 15 jours et ça, ça nous inquiète, confie le professeur Fabrice Michel, chef de service d'anesthésie et de réanimation pédiatrique de l'hôpital de la Timone à Marseille. Là, étant donné qu'il y a manifestement un très grand nombre d'enfants touchés bien qu'il ne soit pas grave au moment de l'infection, ils pourraient développer ce fameux PIMS et on peut imaginer qu'on va avoir un peu plus de PIMS que la vague précédente. Donc c'est quelque chose sur lequel on est très vigilant et on se prépare dans notre organisation."

Evidemment, en nombre absolu de cas, cela ne représente pas beaucoup d'enfants. Tous les pédiatres contactés par France Inter tiennent à le rappeler. "Nous ne sommes pas du tout dans des situations comparables à celles des adultes", nuance le professeur Pierre-Louis Léger, chef de service réanimation néonatale et pédiatrique à l'hôpital Trousseau à Paris

Mais ce qu'on ne connaît pas, c'est l'effet d'omicron. Va-t-il ou non produire autant de PIMS, plus ou moins ? On doit rester vigilant.

Avant d'ajouter : "Etre vigilant mais ne pas paniquer : ces maladies maintenant sont bien décrites et les pédiatres connaissent bien les symptômes ; les traitements sont bien codifiés et l'évolution est favorable dans la très grande majorité des cas. On constate que le vaccin a un effet protecteur contre les PIMS." Un argument qu'a bien entendu Olivier Véran, ardent promoteur de la vaccination pour les enfants. 

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