15 millions de personnes sont menacées de famine dans le Sahel. La crise alimentaire sévit dans huit pays de cette région d'Afrique. Dans la région du Kanem, dans le Nord du Tchad, le taux de malnutrition sévère des enfants dépasse déjà le seuil d'urgence de 15%.

Ashta et son fils
Ashta et son fils © Radio France / Valérie Cantie

46 degrés à l'ombre, des ânes, des chèvres faméliques sur le bord des pistes, des nuages de poussière, des maisons faites de boue. 276 centres nutritionnels financés par l'UNICEF sont disséminés dans le pays. On y distribue du Plumpynut, cette pâte révolutionnaire qui sauve des vies. Les mères de famille font parfois quatre heures de route à dos d'âne ou à pieds pour emmener leurs enfants de moins de cinq ans dans un centre. Certains meurent en chemin, les autres sont pesés, mesurés, soignés. Du plumpynut pendant huit semaines et ils sont d'aplomb. Les jours de distribution, les centres sont bondés.

Ashta a 30 ans. Son enfant a quatre ans mais il en paraît à peine deux

Ashta est persuadée que grâce au centre, ses enfants vont guérir et bien grandir. Elle vient depuis trois semaines et ils vont déjà mieux. Avant ils ne mangeaient rien. Grâce au plumpynut, ils ont repris de l'appétit, à raison de trois sachets par jour. Ils ouvrent désormais les yeux et s'assoient. Au centre, elle apprend aussi les règles d'hygiène pour s'occuper de ses enfants, on lui donne du savon parfois.

Le Kanem n'a pas vu une goutte de pluie depuis 8 mois. Les stocks de l'an dernier sont épuisés et les prochaines récoltes ne sont pas attendues avant septembre.

Hélène Kuperman est la coordinatrice d'Action contre la faim dans la région

Les ONG parent au plus pressé. Ici on sauve des vies : pas vraiment les moyens de faire dans la prévention d'autant que l'UNICEF veut soigner cette année 127 000 enfants mais pour cela, il faudrait deux fois plus de moyens.

Marcel Ouattara, le représentant adjoint de l'UNICEF au Tchad

Comprendre les causes de la malnutrition n'est pas une priorité de l'Etat. Il se contente de lancer des appels à l'aide à la communauté internationale. _Ali Abacar Sedic, infirmier, est responsable d'un centre nutritionnel_
Le Tchad a du pétrole. Sous la pression de la communauté internationale, le gouvernement consacre une partie des bénéfices à la santé mais ces fonds ne sont pas forcément utilisés à bon escient. Par exemple, très peu de médecins et infirmiers sont formés. Dans le Kanem, on ne compte que six médecins pour plus de 400 000 habitants dans les centres de santé, il n'y a la plupart du temps qu'un seul infirmier.
Au centre de l'UNICEF
Au centre de l'UNICEF © Radio France / Valérie Cantie
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