Une fois encore, Manuel Valls doit convaincre les députés
Une fois encore, Manuel Valls doit convaincre les députés © maxppp

Chaque jour apporte une nouvelle preuve des divisions au sein du PS. Hier, 39 abstentionnistes unis en fronde contre le vote du budget tandis qu'aujourd’hui Manuel Valls fustige une gauche "passéiste" dans une interview à l’Obs et propose de…changer le nom du parti.

Le débat sur la ligne politique suivie par l'exécutif a viré à la foire d'empoigne, mercredi, entre le gouvernement et les anciens ministres socialistes Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, Manuel Valls en appelant à "en finir avec la gauche passéiste ".

Selon l'essayiste et historien Jacques Julliard, invité d'Intertreize, cette prise de parole permet à François Hollande de se repositionner à gauche.

L'intégralité de l'interview de Jacques Julliard, au micro d'Yves Decaens :

Changer le nom du parti

Dans une interview à L'Obs, le Premier ministre appelle à "en finir avec la gauche passéiste ", jugeant que ceux qui l'accusent de trahir la gauche sont "dépassés ". En assurant défendre une gauche "pragmatique, réformiste et républicaine ", mais sans utiliser le qualificatif "socialiste ", il propose de "bâtir une maison commune " de "toutes les forces progressistes ". En évoquant, au passage, la possibilité d’un changement de nom du Parti socialiste, une idée déjà portée en 2007 et 2011 et qui avait suscité d'importants remous dans le parti.

Il n'a pas interdit à François Hollande de gagner et à Manuel Valls de devenir Premier ministre

Une proposition qui n'a pas fait l'unanimité, notamment chez Jean-Christophe Cambadélis, lequel répond que "socialiste est un beau nom qui a fait ses preuves, autant le garder ". "Si je suis favorable à changer la carte d'identité du Parti socialiste, je ne suis pas favorable au changement de nationalité ". Avant d’ironiser : "Il n'a pas interdit à François Hollande de gagner et à Manuel Valls de devenir Premier ministre ".

Pour Claude Bartolone, relancer le débat sur un éventuel changement de nom est « une faute ». « Je lui dis, cher Manuel, concentre-toi sur ton travail de Premier ministre, réponds aux attentes des Français, et laisse ce débat aux militants socialistes » rajoute le président de l’Assemblée Nationale.

Ne pas rejeter en bloc le contrat de travail unique

Les socialistes sont également très critiques quant aux propos de Manuel Valls sur le contrat de travail unique, une « idée intéressante pour libérer le marché du travail » selon le Premier Ministre, qui renvoie toutefois aux négociations entre partenaires sociaux. « On ne peut pas avancer comme ça en lançant des ballons d’essai, en attendant de voir comment ça réagit » estime le député Yann Galut, membre du collectif Cohérence socialiste. « Quand on veut défendre des convictions libérales, il y a des partis pour ça » renchérit le député Pascal Cherki, membre de l’aile gauche du PS.

Les explications de Lorrain Sénéchal :

Ces polémiques interviennent trois jours après l'offensive médiatique de Martine Aubry, qui a appelé à une réorientation de la politique économique davantage en faveur de la demande et de la croissance, pour "réussir la fin du quinquennat ". Une proposition qui consisterait, selon Manuel Valls, à "revenir en arrière " et donc à "perdre tous les fruits " des efforts du gouvernement.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.