Le cinéma était sa vie et elle l'a raconté pendant plus de trente ans sur France Inter : la journaliste et critique du cinéma Danièle Heymann, qui avait été membre du jury du festival de Cannes et chroniqueuse au "Masque & la Plume", est décédée à l'âge de 86 ans.

Danièle Heymann
Danièle Heymann © Maxppp / Joey Nicles Modeste

Elle était une chroniqueuse emblématique du Masque & la Plume sur France Inter, la critique de cinéma Danièle Heymann est morte hier, elle avait 86 ans. Pendant plus de 30 ans elle a défendu les films qu'elle aimait sur notre antenne.

Sa carrière

Elle débute sa carrière à France Soir dans les années 1950, où elle écrit les légendes de photos avant de finir par critiquer les films et donc d'écrire des articles. Mais le jour où elle se fait un peu plus sévère sur une comédie où jouaient Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, elle fut renvoyée. On ne critique pas comme ça les amis de la maison France Soir.

Viendront ensuite L'Express et Le Monde... et le Masque & la Plume jusqu'à récemment. L'élégante Danièle Heymann fut aussi jury du festival de Cannes en 1987, lors de victoire du controversé Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat. 

Il y a quelques années, sur France Culture, elle avait expliqué qu' "une critique de cinéma a fonction de faire aimer le film. Et s'il y a des réserves, elles ne doivent pas tuer l'émotion que suscite un film et le plaisir de le voir". 

Ces dernières années, elle travaillait aussi pour le magazine cinématographique Bande à part

Jérôme Garcin et Danièle Heymann lors des 50 ans du Masque & la Plume, en 2013
Jérôme Garcin et Danièle Heymann lors des 50 ans du Masque & la Plume, en 2013 © Radio France / Christophe Abramowitz

Réaction de Jérôme Garcin

Jérôme Garcin, qui anime le Masque, a été avec Danièle Heymann jusqu'au bout. Il raconte :"C'était une femme absolument merveilleuse, parce que ce n'était pas, précisément, une théoricienne du cinéma. C'était vraiment une critique affective. Elle aimait les histoires, elle aimait les personnages... Elle était dans l'empathie, dans l'amour. 

Le cinéma était sa vie !

C'est très étrange parce qu'elle avait fait ses classes dans la "grande" presse : elle avait été patronne des pages culturelles du Monde, de l'Express, elle avait été juré du festival de Cannes et avec tout ça, elle parlait des films comme vous et moi, sans jamais une once de supériorité, encore moins de mépris. Elle parlait d'elle, de son chien, de ses amis, de sa vie - et je pense que c'est la raison pour laquelle tant d'auditeurs se reconnaissaient dans son jugement. 

Je peux vous faire une petite confidence : même sur son lit d'hôpital, elle me demandait quelle était la liste des films dont on allait parler au Masque à la fin du mois d'août. Le cinéma, le goût d'en parler, le goût d'aller voir les films, étaient - mais vraiment au sens propre - essentiels, une raison de vivre." 

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