Depuis plusieurs décennies, c’est le CMB (Centre médical de la Bourse) qui gère les cotisations des 120 000 intermittents du spectacle.

Selon nos informations, le CMB n’est pas agrée par le Ministère du Travail , contrairement aux 400 services interentreprises recensés en France.

Deuxième point, les documents comptables auxquels nous avons pu avoir accès, montrent un différentiel énorme entre les cotisations payées par les intermittents et les visites médicales effectivement réalisées .

A raison de 70 euros par salariés, les cotisations des 120 000 intermittents couverts par le CMB représentent 8, 4 millions d’euros de recettes.

Or, les documents comptables montrent que 67 783 salariés ont été suivis en 2006, et 65 988, en 2007, soit près de la moitié du total des intermittents cotisants.

Où est passé le différentiel des cotisations ?

Un élément de réponse se trouve, peut-être, dans l’existence d’une « réserve financière » qui apparaît dans les comptes du CMB .

Ainsi, « les comptes de l’exercice 2006 dégagent un excédent de 435 985 euros » composé, selon le CMB, par un « surplus de cotisations des intermittents du spectacle. »

Même chose, l’année suivante : « les comptes de l’exercice 2007 dégagent un excédent de 318 068 euros . »

A chaque fois, « l’affectation des bénéfices » est « intégralement viré » à un « poste de réserves » qui s’élève « à 5 598 886 euros »… soit le même montant, à l’euro près, en 2006, comme en 2007 .

Troisième point, le CMB, qui a un statut associatif, est géré par de multiples structures .

Il y a d’abord la société, CMB GESTION dirigée par Lionel Moreau, le directeur des ressources humaines du groupe UGC, président en titre du CMB.

Il y a ensuite la SARL Robert Cano Conseil (RCC) , une société de « conseil pour les affaires et autres conseils de gestion » dirigé par l’ancien directeur général du CMB, Robert Cano, qui travaille donc pour la CMB à travers cette société de « conseil ». Une société, avec un capital de 40 000 euros, immatriculée le 2 juillet 2008, juste après que Robert Cano ait quitté ses fonctions de directeur général de la CMB.

Il y a, enfin, IST (Informatique santé travail) , une société par actions simplifiée, immatriculée le 30 octobre 2007, domiciliée à la même adresse que le CMB, dont le président n’est autre que… Robert Cano, l’ancien directeur général du CMB.

La réponse de Jean-Marc Bezard, directeur général du CMB et de Robert Cano, ancien directeur général du CMB

Sollicités, mercredi 14 janvier 2008, Jean-Marc Bezard et Robert Cano n’ont pas souhaités s’exprimer publiquement. Robert Cano a simplement précisé, par téléphone : « Tout est parfaitement transparent. Mes prestataires bénéficient de ma grande expérience. Je ne vois pas ce qu’il y a de critiquable. Mon activité s’effectue à la demande du conseil d’administration et de la présidence du CMB. Elle fait l’objet d’un contrat en bonne et due forme. Par ailleurs, ma société IST ne travaille pas seulement pour le CMB, mais pour 70 autres services de santé au travail. Quant aux cotisations du CMB, elles ne regardent que le CMB. »

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Un audit financier, réalisé par un cabinet indépendant, est actuellement en cours.

Xavier Bertrand peut-il ignorer cette situation ?

Interrogé sur le sujet, à l’occasion de ses vœux à la presse, mardi dernier, le futur patron de l’UMP a eu bien du mal à nous répondre, répétant qu’il s’agissait là d’un dossier « géré en interministérielle » plus particulièrement « au niveau du ministère de la Culture. » Une façon de botter en touche… Pour finir par conclure, poussé dans ses retranchements : « Ce n’est pas un dossier dont on se désintéresse… »

Ecoutez la réaction de Xavier Bertrand

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Médecine du travail - un an après 3 (betrand)

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