Gérard Davet, journaliste au Monde, a été surveillé par les services du contre-espionnage dans le cadre de l'affaire Bettencourt. L'enquête judiciaire menée par la juge d'instruction Sylvia Zimmerman le montre et le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a confirmé jeudi 1er septembre sur France Info que la DCRI avait bien réalisé des « repérages de communications téléphoniques » afin « de rechercher l'auteur de la divulgation à l'intérieur de l'administration de procédures judiciaires »

Le fonctionnaire mis en cause dans cette affaire c'est David Senat. Il était alors conseiller pénal au cabinet de la ministre de la justice Michele Alliot-Marie.

Sanctionné suite à cette affaire, il a perdu son poste et s'est retrouvé chargé d'une mission sur la future cour d'appel de Cayenne... David Senat n'avait jamais souhaité s'exprimer publiquement sur cette affaire. Il le fait aujourd'hui pour la première fois.

Une interview réalisé par Claire Servajean et Nathalie Hernandez

Ce n’est pas moi qui ai donné des informations confidentielles à la presse

David Senat

Quand on a des inquiétudes sur des fuites de magistrats, c’est pas anormal qu’on enquête sur le sujet

Invité de France Inter ce matin, Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale a justifié l’action du contre-espionnage.

Gérard Davet n'a pas été mis sur écoute -à priori-, mais la DCRI s'est fait remettre par l'opérateur Orange les relevés de ses communications. Les fameuses "fadettes" qui permettent de savoir qui on appelle et qui vous appelle. Jusque là, les autorités françaises avaient reconnu du bout des lèvres que c'était en s'intéressant à un fonctionnaire de la chancellerie et au respect du secret de l'instruction qu'elles étaient remontées jusqu'à lui. Or l’enquête semble montrer le contraire à savoir qu'on était bien parti du journaliste et de ses appels pour remonter ensuite à ses sources ... Gérard Davet était ce matin l'invité de Pascal Clark

Prochaine étape, l'audition d'au moins trois personnes

Elles sont susceptible d'éclairer la juge d'instruction Sylvie Zimmermann dans son enquête pour savoir qui a donné l'ordre pour obtenir les factures téléphoniques du journaliste Gérard Davet en premier lieu, et en second lieu celle du magistrat David Sénat.

Tout d'abord la juge devrait entendre le commissaire de la DCRI qui a signé les deux requêtes et dont le nom est révélé par Le Monde. Et puis, logiquement, ce seront ses supérieurs qui pourraient être entendus, donc Bernard Squarcini, le patron du contre espionnage, et un peu plus haut encore Frédéric Péchenard, le directeur général de la Police nationale .

Dans tous les cas la magistrate va sans doute tenter de répondre à cette question : pourquoi les services de la Direction du Renseignements ont-ils été saisis, alors qu'une telle demande se fait dans le cadre d'une enquête administrative ou judiciaire ? Il y avait-il un impératif prépondérant d'intérêt public, comme le stipule la loi, pour justifier l'espionnage d'un journaliste ? Si oui, s'intéresser de trop près à l'affaire Bettencourt pourrait signifier s'attaquer aux intérêts de l’Etat.

L'affaire dans l'Affaire Bettencourt va-t-elle couter leurs postes aux deux plus hauts responsables de la police française ?

Leur hiérarchie les défend, mais s'il y a bien eu espionnage d'un journaliste du Monde pour identifier sa source au ministère de la Justice, c'est illégal.

__

Franck Cognard

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.