Cela peut sembler surprenant, mais le lobbyiste Jean-Jacques Vies a débuté sa carrière, à Paris… au service central de la répression des fraudes (l’actuelle DGCCRF), dans le « bureau des affaires réservées », c'est-à-dire le service chargé des « affaires sensibles. »

Jean-Jacques Vies va ensuite être détaché à Bruxelles, pendant quatre ans, comme expert de la répression des fraudes, à la Direction générale de l’agriculture auprès de la Commission européenne . Il est notamment chargé de participer aux négociations d’adhésion à l’Union européenne de l’Espagne et du Portugal. L’occasion de se frotter aux subtilités des directives communautaires et à leurs applications en France, mais aussi de se constituer un solide carnet d’adresse, qui va s’avérer fort utile, par la suite.

A l’issue de ses quatre années bruxelloise, Jean-Jacques Vies réintègre la répression des fraudes, cette fois à Lille. Pas pour longtemps.

Un an plus tard : retour à Bruxelles. Jean-Jacques Vies rejoint le bureau européen des unions de consommateur (BEUC) ? , avec le titre de « safety and health officer », c'est-à-dire : chargé des questions de sécurité alimentaire et de santé.

C’est donc d’abord au service des unions de consommateurs que Jean-Jacques Vies va exercer ses talents de « lobbyistes » auprès des institutions européennes, notamment sur l’épineuse question de l’utilisation des hormones dans les élevages.

Il est alors repéré par un cabinet de chasseurs de tête, qui le recrute, en 1987, pour le compte du syndicat SYNCOPEX , qui rassemble à l’époque l’ensemble des acteurs du monde coopératif agricole.

Jean-Jacques Vies raconte au micro de France Inter de quelle façon il a été recruté…

4 min

Corruption agriculture européenne 1 (Vies)

Jean-Jacque Vies 2 (agriculture européenne)
Jean-Jacque Vies 2 (agriculture européenne) © Benoît Collombat

Parmi les adhérents du SYNCOPEX (créé en 1968), on retrouve toute la filière agricole du domaine coopératif, des céréales jusqu’au bétail : SIGMA (groupe coopératif spécialisé dans la collecte et la commercialisation de grains), Interagra (fondé par « le milliardaire rouge » Jean-Baptiste Doumeng), la Fédération nationale bovine, la Fédération nationale ovine, l’Union laitière normande, la Fédération nationale de la coopération, bétail et viande (FNCBV), l’UNCAA (Union nationale des coopératives agricoles d’approvisionnement), SOCOPA international (bétail) ou encore le Gefar (Groupement d’exportation de farines.)

Mais au fil des fusions ou des cessations de paiements, le tableau de ces différentes structures agricoles va considérablement s’éclaircir. A tel point que SYNCOPEX ne regroupe plus aujourd’hui comme adhérent… que la seule UNION INVIVO , issue de la fusion en 2001 de l’UNCAA et de SIGMA.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.