Le virus du VIH grossis 240.000 fois au moyen d'un microscope électronique
Le virus du VIH grossis 240.000 fois au moyen d'un microscope électronique © MaxPPP

Une jeune fille de 18 ans infectée par le virus du sida pendant la grossesse de sa mère est en rémission, après avoir été sous traitement antirétroviral jusqu'à l'âge de 6 ans, un traitement stoppé par la suite.

Des pistes de recherche "extrêmement intéressantes" s'ouvrent après la révélation de la rémission sans précédent d'une jeune Française atteinte du sida à la naissance, a estimé ce mardi Christine Rouzioux, chef du service de virologie à l'hôpital Necker, à Paris.

La fillette ne présente aucun symptôme de la maladie

Le cas exceptionnel de cette jeune femme née en 1996 a été dévoilé lundi à Vancouver lors du Congrès international sur le VIH. Infectée par le VIH durant la grossesse, cette Française a aussitôt reçu le traitement alors disponible, l'AZT(azidothymidine), mais le virus a fait malgré tout son apparition. Les médecins décident d'administrer au bébé une trithérapie, puis une quadrithérapie. Le VIH s'avère indétectable, la fillette ne présente aucun symptôme de la maladie et grandira en parfaite santé.

Depuis 12 ans elle vit avec le virus dans ses cellules, dans son organisme, sans aucune progression de l'infection et aucun signe de maladie

"C'est la première fois qu'on trouve un cas de rémission chez un enfant. Le virus ne se manifeste pas, elle n'a absolument aucun symptôme, et depuis 12 ans elle vit avec le virus dans ses cellules, dans son organisme, sans aucune progression de l'infection et aucun signe de maladie", explique Christine Rouzioux. Pour la virologue, ce cas inédit donne une piste de recherche assez importante et assez intéressante puisque ça montre que le système immunitaire a des ressources pour ce contrôle viral, ce qui n’apparaissait pas comme une évidence jusqu’alors.

D’éventuels facteurs génétiques

"Là, on a des signaux importants, il faut les découvrir, ça nous donne sans doute des pistes de recherche extrêmement intéressantes, y compris pour le vaccin, poursuit-elle. Si on peut induire ce type de réponse protectrice, ce serait vraiment bien. La première étape, c'est comprendre le, mécanisme et ces réponses protectrices". "Ce n'est pas le virus qui lui-même est défectif, défectueux. Elle est infectée par un vrai virus, de la même façon que sa maman", relève la praticienne. "Donc, on a plus la piste vers la réponse de l'organisme, mais il est possible qu'il y ait aussi des facteurs génétiques qui fassent que cette jeune femme ait une petite résistance à la multiplication du virus".

Une rémission fonctionnelle, pas une guérison

"Cette patiente n’est pas guérie, tempère le professeur Jean-François Delfraissy, directeur de l'agence de recherche sur le sida. On dit qu’elle est en rémission fonctionnelle. Elle sera évidemment suivie régulièrement, mais on ne peut pas exclure qu’à un moment donné elle déclare un jour la maladie"

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