les syndicats se joignent à la contestation en turquie
les syndicats se joignent à la contestation en turquie © reuters

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, en déplacement à Tunis est attendu dans la soirée dans son pays. Il refuse de céder aux manifestants et accuse une organisation "terroriste" de participer aux troubles.

Recep Tayyip Erdogan a condamné jeudi la stratégie consistant à "incendier et détruire" de certains des participants aux manifestations des derniers jours, et a maintenu son projet de réaménagement du parc Gezi près de la place Taksim d'Istanbul, à l'origine des troubles.

Recep Tayyip Erdogan a fait ces déclarations à la presse à Tunis, à l'issue d'un entretien avec son homologue tunisien, et avant de reprendre l'avion pour la Turquie où il était attendu dans la journée au terme d'une tournée au Maghreb.

Les précisions de Sébastien Laugénie

Selon lui, des groupes responsables d'autres violences par le passé instrumentalisent ce qui a commencé comme une manifestation à caractère écologique. Un certain nombre d'étrangers ont été arrêtés en liaison avec les troubles, a-t-il ajouté.

Si vous dites : je vais tenir un rassemblement et incendier, détruire, nous ne le permettrons pas. Nous sommes contre la domination de la minorité par la majorité, et nous ne pouvons pas non plus tolérer le contraire.

La police est intervenue pour réprimer les manifestations, et trois personnes ont péri et plus de 4 000 autres ont été blessées au total dans une dizaine de villes de Turquie. Au coeur de la contestation figure le projet des autorités de raser certains arbres du parc Gezi, afin de faire de la place pour reconstruire une caserne de l'époque ottomane.

Certains en Turquie demandent au chef du gouvernement de présenter lui-même des excuses pour la répression policière des six journées de manifestations.

Dans une tribune que publie à Paris le journal Le Monde dans son édition datée de vendredi, l'écrivain turc Ohran Pamuk, prix Nobel de littérature, parle d'une "dérive autoritaire" du pouvoir en place. Selon l'auteur natif d'Istanbul :

La planification de réaménagements aussi importants dans un espace public qui concentre les souvenirs de millions de gens puis le début des travaux par le déracinement des arbres sans avoir consulté les habitants d'Istanbul constituent une grave erreur pour le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Cette attitude insensible témoigne assurément d'une dérive autoritaire. La situation des droits de l'homme en Turquie n'a jamais été aussi déplorable depuis dix ans.

Turquie : les causes de la contestation
Turquie : les causes de la contestation © Radio France

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