[scald=100977:sdl_editor_representation]VILLENEUVE-LA-GARENNE, Hauts-de-Seine (Reuters) - La question de la revalorisation des salaires du corps enseignant est revenu sur le devant de la scène politique mardi en France, où François Hollande a promis des négociations s'il est élu et Luc Chatel a défendu le bilan du gouvernement.

En visite dans un collège d'une zone défavorisée des Hauts-de-Seine, le candidat socialiste a réaffirmé son intention, s'il devient président de la République en mai, de créer 60.000 postes sur cinq ans dans l'Education nationale et d'ouvrir des négociations sur les salaires des enseignants malgré un "cadre budgétaire contraint".

"J'ouvrirai une négociation. Je ne peux pas donner tout de suite la réponse, ça sera avec les enseignants que nous en discuterons", a-t-il déclaré à propos des salaires des enseignants français, moins bien payés en moyenne que dans d'autres pays de l'OCDE selon un récent rapport.

"Vous voyez bien que les marges budgétaires sont forcément contraintes, puisqu'il y aura parallèlement les créations de postes", a-t-il ajouté devant la presse.

"Je ne voudrais pas pour autant que les personnels de l'Education, surtout les enseignants qui sont dans cette situation d'être payés moins bien que d'autres fonctionnaires, n'aient pas la reconnaissance de leur spécificité. Mais nous serons dans le cadre de la réforme de l'Education", a précisé le député de Corrèze.

François Hollande a par ailleurs repoussé la proposition de Nicolas Sarkozy d'augmenter les enseignants de 25%, "soit 500 euros par mois", en échange de plus d'heures de présence dans leurs établissements.

"VISION COMPTABLE"

"Ce n'est pas travailler plus pour gagner plus", a dit le député socialiste. "Ce qu'il a proposé ce ne sont pas des heures payées en heures supplémentaires, ce ne sont pas des heures devant la classe, c'est pour ça que c'est refusé".

Lors des questions à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Education Luc Chatel a dénoncé la "vision comptable" des socialistes et défendu le choix du gouvernement "de mieux rémunérer le travail des enseignants".

La réaffectation des bénéfices du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite a permis selon lui de réinvestir "1,4 milliard d'euros en pouvoir d'achat pour nos enseignants".

"En cinq années, les enseignants en début de carrière ont été augmentés de 18%. La première fiche de paie d'un enseignant est passée à 2.000 euros le 1er février dernier", a-t-il fait valoir.

"Il y a un candidat, François Hollande, qui s'adresse aux syndicats, et un candidat qui, en voulant réformer l'école, s'adresse aux Français", a conclu le ministre en hommage à Nicolas Sarkozy, candidat à sa réélection.

Selon un sondage Ifop pour Le Monde paru fin février, près d'un enseignant sur deux (46%) s'apprête à voter pour François Hollande au premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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