Marianne organise des débats publics les 30, 31 mars et 1er avril sur le thème ‘La guerre d’Algérie 50 ans après (1962-2012)'.

La guerre d’Algérie ? Nous n’en savons rien ! Force en effet est de constater que la plupart de nos contemporains ont oublié (ou jamais connu) cette guerre qui s’est terminée,il y a cinquante ans, par l’indé­pendance de l’Algérie, et l’exode forcé d’un dixième de sa population . Le 18 mars 1962, des accords de paix étaient signés à Evian, mettant fin à une guerre qui, officiel­lement, n’avait jamais eu lieu. Le 8 avril 1962, 90,7 % de oui (à l’indé­pendance) mettaient le point final à l’empire colonial français. [...]

Les relations franco-algériennes – comment pourrait-il en être autrement ? – sont restées marquées par cette guerre. Dans ces années-là, la doxa intellectuelle considérait que la violence était accoucheuse de l’histoire. Exception notoire, Camus, philosophe athée, proclame que l’on ne répare pas une injustice par une autre injustice. Des chrétiens comme Geneviève de Gaulle, Germaine Tillion, Jean-Marie Domenach, Jules Roy, luttent activement contre la torture, le terrorisme, la colo­nisation, et portent haut le combat pour l’abolition de la peine de mort, soutenu en cela par François Mauriac, autre prix Nobel. Ils espèrent l’avènement d’une société algérienne égalitaire, multiculturelle, laïque, d’où personne ne serait exclu. Le poète Kateb Yacine expliquait à Jean Amrouche : « Si nous n’arri­vons pas à définir notre identité par sa richesse, c’est-à-dire les composantes berbère, islamique et française de notre histoire, alors nous n’avons plus le choix que de devenir des Arabes comme les autres, des musulmans comme les autres : en prétendant retrouver notre identité, nous la perdons. » L’his­toire aura tranché dif­féremment.[...]

Soldats français
Soldats français © Cazalet

Ni célébration, ni joute historique, cette Assem­blée a pour ambition de donner le la du débat d’idées en Méditerranée pour le rendre plus juste, plus libre, plus fraternel, plus durable. Autre­ment dit donner chair à ce que Jules Roy décrivait comme : « Quelque chose… qui devait ressembler à un certain amour réciproque et y ressemble toujours. Entre la France et l’Algérie existe un sentiment trouble, trouble et violent, comme entre les créatures qui n’ont pas été, sauf exception, jusqu’aux extrémités de leur attraction mutuelle. » Enfin, l’occasion de partager avec la com­munauté de nos lecteurs les débats émergents, les premiers pas d’un printemps méditerranéen.

Inscriptions

Sur Internet :www.theatre-lacriee.com oupar téléphone : 04 91 54 70 54

Pendant L’Assemblée : possibilité d’inscription le jour même dans les lieux en fonction des places disponibles.

bagnière
bagnière © Radio France
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