[scald=83927:sdl_editor_representation]MADRID (Reuters) - Baltasar Garzon, le juge espagnol qui s'est fait connaître en poursuivant dans les années 1990 l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, se retrouve sur le banc des accusés mardi dans le cadre d'un procès pour écoutes téléphoniques illégales.

Le magistrat de 55 ans est poursuivi dans trois affaires distinctes liées aux enquêtes qu'il a pu mener sur des cas de violations de droits de l'homme, de corruption et d'autres délits.

Ses partisans soutiennent que le juge, qui s'est fait de nombreux ennemis au sein de l'élite politique espagnole, est poursuivi pour des raisons politiques.

Dans son premier procès, qui doit débuter mardi, Baltasar Garzon est accusé par deux suspects d'un scandale de corruption impliquant le Parti populaire (PP, droite) d'avoir ordonné des écoutes téléphoniques de conversations avec leurs avocats.

Garzon, qui rejette les accusations, encourt une peine de 20 ans d'interdiction d'exercice de sa fonction de juge, une condamnation susceptible de mettre un terme à sa carrière.

Il est également poursuivi pour avoir voulu enquêter sur la mort de plusieurs dizaines de milliers de civils lors de la dictature franquiste et d'avoir violé la loi d'amnistie générale.

Il a aussi été mis en examen dans un autre dossier pour avoir classé sans suite une plainte contre la banque Santander après avoir été payé indirectement par la banque pour des conférences délivrées à New York.

L'Audience nationale, la juridiction suprême espagnole, l'a suspendu de ses fonctions en mai 2010 en raison des poursuites engagées contre lui pour abus de pouvoir.

De nombreux avocats internationaux, d'organisations de défense des droits de l'homme et de personnalités, comme le réalisateur Pedro Almodovar, ont apporté leur soutien au magistrat.

Teresa Larraz Mora, Marine Pennetier pour le service français

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