[scald=217771:sdl_editor_representation]LOS ANGELES (Reuters) - Le pianiste américain Van Cliburn qui, en pleine Guerre froide, avait conquis le public russe avec ses interprétations de concertos de Piotr Tchaïkovski et Sergueï Rachmaninov, est décédé mercredi d'un cancer des os à l'âge de 78 ans.

Cliburn s'est éteint dans sa résidence de Fort Worth, au Texas, a dit à Reuters son attachée de presse, Mary Lou Falcone.

L'artiste était devenu mondialement célèbre à 23 ans pour avoir remporté la première édition du concours international Tchaïkovski organisée à Moscou en 1958.

Sa prestation lui avait valu une ovation debout de huit minutes de la part du public totalement conquis par son talent et les juges du concours avaient alors demandé au Premier secrétaire du Parti communiste, Nikita Khrouchtchev, le droit d'honorer le jeune Américain.

"C'était lui le symbole de la paix pendant la Guerre froide", a commenté Mary Lou Falcone. "Il a été félicité par Eisenhower et par Khrouchtchev dans les années 50 et il est le seul musicien à avoir été accueilli par une pluie de confettis à Manhattan", a-t-elle rappelé.

Cliburn avait commencé le piano à l'âge de trois ans sous la houlette de sa mère avant d'être admis à la prestigieuse école Juilliard à New York à 17 ans.

Il donna son premier récital à quatre ans et savait couramment déchiffrer la musique à cinq, alors qu'il ne savait encore ni lire, ni écrire.

Son enregistrement du concerto pour piano numéro 1 de Tchaïkovski, qu'il joua lors du concours moscovite, fut le premier disque de musique classique à devenir album de platine, restant pendant plus d'une décennie parmi les meilleures ventes.

Physiquement épuisé par une carrière très remplie, Cliburn s'était éloigné de la scène en 1978, ne faisant que des apparitions épisodiques à la fin des années 80 et au début des années 90.

Il joua notamment à la Maison blanche devant Ronald Reagan à l'occasion d'une visite dans l'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev.

"Ma relation avec les Russes était personnelle et n'avait rien de politique", expliqua-t-il en 1989. Il joua notamment à Moscou et à Saint-Pétersbourg quelques années plus tard.

Il avait été décoré de la médaille présidentielle de la Liberté par George W. Bush en 2003 et avait reçu la médaille nationale des Arts des mains de Barack Obama en 2011.

Eric Kelsey, Bertrand Boucey et Pierre Sérisier pour le service français

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