C'est une conséquence logique du manque de maisons de retraites. Moins un territoire en est doté, plus il y a de risques que les seniors vieillissent mal chez eux. Perte d'autonomie, troubles de la mémoire, maladies chroniques, la DREES publie une carte de France des disparités.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, doit présenter un projet de loi sur la dépendance des seniors, à l'automne.
La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, doit présenter un projet de loi sur la dépendance des seniors, à l'automne. © GODONG / BSIP

Que vous soyez dans le Morbihan ou dans l'Aveyron, vous n'avez pas les mêmes chances de vieillir en bonne santé. C'est le constat que fait la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), organisme qui dépend du Ministère des Solidarités et de la Santé. Dans une étude publiée ce mercredi, elle s'est intéressée à la perte d'autonomie des personnes âgées de plus de 75 ans à domicile.

Moins de perte d'autonomie dans l'ouest de la France et la région parisienne 

De cette étude, il ressort que nous ne sommes pas tous égaux face au maintien à domicile, selon les territoires. Dans certains départements, on a plus de perte d'autonomie que dans d'autres. Parmi les mieux lotis, on retrouve la région parisienne et le grand-Ouest avec la Bretagne, la Loire-Atlantique et une partie de la Nouvelle-Aquitaine. À l'inverse, la perte d'autonomie à domicile est particulièrement marquée dans le sud de la France, entre le Massif central et les Pyrénées, ainsi que dans le nord et dans les DOM. 

L'Ouest de la France et la région parisienne sont moins touchées par la perte d'autonomie à domicile.
L'Ouest de la France et la région parisienne sont moins touchées par la perte d'autonomie à domicile. / Capture d'écran du rapport de la DREES

Peu d'Ehpad et peu d'autonomie 

Il y a deux raisons qui expliquent ces disparités. La première concerne le nombre d'Ehpad et le nombre de places disponibles en maisons de retraite. "On constate une certaine corrélation entre l'autonomie et la présence d'Ehpad ou d'établissements d'hébergement pour les personnes âgées, explique Patrick Aubert, sous-directeur de l'observation de la solidarité à la DREES. Dans ces départements, les personnes en perte d'autonomie rentrent plus facilement en Ehpad et donc on a moins de perte d'autonomie pour ceux qui restent à domicile." À l'inverse, s'il y a peu d'Ehpad, ça oblige les personnes âgées à rester chez elles le plus longtemps possible et renforce la perte d'autonomie à domicile.

C'est aussi valable pour les services d'aide à domicile. "Dans les départements où il y a beaucoup d'infirmiers, potentiellement c'est plus facile de rester à domicile quand on a des limitations d'activité et donc c'est évidemment associé à une plus grande part de seniors à domicile", ajoute Patrick Aubert. 

Le niveau de vie joue sur l'autonomie

Le niveau de vie est également un facteur d'influence sur la santé des seniors. C'est l'autre raison qui explique les disparités entre les départements. L'étude révèle que les départements où le taux de pauvreté est élevé correspond aux départements où la perte d'autonomie à domicile est la plus élevée.

Toutes ces données doivent alimenter le futur projet de loi sur la dépendance des seniors, qui doit être présenté à l'automne par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

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