Les experts des Nations Unies se sont rendus jeudi 29 août dans les rues de Damas pour une nouvelle journée d'enquête, la troisième consécutive. A force de prélèvements et d’investigations, ils doivent rassembler les preuves formelles d’une utilisation d’armes chimiques par Bachar al Assad contre les rebelles syriens. Un engagement militaire des Etats-Unis et de ses alliés pourrait alors être décidé. Les experts seront sur place jusqu’à samedi prochain. Le recours à la force sera ensuite possible.

Les experts onusiens seront sur place jusque samedi matin
Les experts onusiens seront sur place jusque samedi matin © / UPI/MAXPPP

Si les Etats-Unis et ses alliés attendent des preuves formelles et définitives pour s’engager militairement (et de façon minime pour le moment) en Syrie, les armes chimiques sont d’ores et déjà devenues l’enjeu international du conflit syrien. Et même avant le compte-rendu des experts onusiens, leur utilisation ne fait guère de doute.

L’horreur du 21 août

L'opposition évoque un bilan effroyable de 1 300 morts. L’Occident se drape dans la prudence mais les indices et l’inquiétude sont assez forts pour provoquer une réunion extraordinaire du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Le ministre français des Affaires Etrangères affirme que dans un cas au moins, "il ne fait aucun doute " que le régime de Bachar al Assad a recouru à ces armes chimiques contre les insurgés syriens.

Bachar el Assad a incontestablement franchi une ligne. (Laurent Fabius)

Des enquêteurs de l'Onu ont pour leur part déclaré disposer, sur la base de témoignages, des "motifs raisonnables " de penser que des armes chimiques ont été utilisées en "quantité limitée " en Syrie.

Un précédent évoqué par deux journalistes du Monde

En avril dernier déjà, Bachar al Assad est soupçonné d’avoir utilisé des armes chimiques, du gaz sarin, sur son peuple. Un journaliste et un photographe du quotidien le Monde ont rapporté des échantillons récupérés après une attaque entre le 12 et le 14 avril à Jobar près de Damas. Le photographe explique avoir souffert "quatre jours durant, de troubles visuels et respiratoires ".

Mais si ces prélèvements attestent l’utilisation de gaz toxiques, impossible de déterminer quel camp a fait usage de ces armes interdites, explique une source diplomatique. Le pouvoir syrien et les rebelles qui cherchent à le renverser s'accusent réciproquement d'utiliser de telles armes.

L'usage d'armes chimiques est une ligne rouge à ne pas franchir par le régime syrien. (Barack Obama)

C’est donc vraisemblablement le rapport final des experts onusiens qui déclenchera une offensive armée des Occidentaux. Le président américain ne dispose toujours pas de preuve irréfutable à ce sujet. Pour le moment.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon affirme aujourd’hui que les experts des Nations Unies auront fini leur mission vendredi et qu’ils quitteront le pays samedi matin.

Les effets du gaz sarin
Les effets du gaz sarin © Radio France
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