nouveaux témoignages sur l'utilisation d'armes chimiques par les forces syriennes
nouveaux témoignages sur l'utilisation d'armes chimiques par les forces syriennes © reuters

Non, en tout cas pas tout de suite. Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé lundi soir à Bruxelles de lever l'embargo sur les armes pour les rebelles syriens mais pour le moment, personne ne bouge.

En effet, il n'est pas question d'envoyer des armes avant que Russes et Américains n'aient eu le temps d'aller au bout de leurs tentatives de sortie de crise. Une nouvelle réunion marathon a pourtant abouti à un accord. C'est le ministre britannique William Hague qui a annoncé la décision au milieu de la nuit :

L'UE a décidé de mettre fin à l'embargo sur les armes pour l'opposition syrienne et de maintenir les autres sanctions contre le régime syrien.

La décision de mettre en place l'embargo sur les armes a été prise il y a deux ans. Les pressions de la France et de la Grande-Bretagne ont donc abouti.

Les dessous du compromis, Quentin Dickinson

Sur le terrain, rien ne change

Aucune arme ne devrait ainsi être livrée d'ici au 1er août, date avant laquelle les ministres ont prévu de "réexaminer" leur position. Ce délai devrait leur permettre de dresser un premier bilan de la conférence internationale "Genève 2" prévue en juin à l'initiative des Etats-Unis et de la Russie.

Le 1er août, une date confirmée par un haut responsable français :

C'est une levée théorique de l'embargo. Concrètement, il n'y aura pas de décision de livraison avant au minimum le 1er août.

Un statut quo confirmé par le ministre luxembourgeois Jean Asselborn :

Les 27 se sont engagés à s'abstenir d'exporter des armes à ce stade et, en tout état de cause, à appliquer un certain nombre de critères stricts à d'éventuelles exportations futures.

Un porte-parole de la Coalition nationale de l'opposition syrienne réunie à Istanbul juge que la levée de l'embargo sur les livraisons d'armes intervient "trop tard". Selon Louay Safi :

Il s'agit certainement d'un pas positif mais nous craignons qu'il ne soit insuffisant et qu'il intervienne trop tard.

Parue lundi, une enquête de deux journaliste du Monde tend à prouver que le régime syrien utilise des armes chimiques dans Damas. Les reportages de Jean-Philippe Rémy ont fait bouger les lignes.

Des armes chimiques en Syrie ? Les précisions de Jacques Plana

La France va analyser les échantillons de potentielles armes chimiques rapportés de Syrie par des journalistes du quotidien français Le Monde, a annoncé mardi un haut responsable français sous couvert de l'anonymat.

Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques : "Nous saurons dans quelques jours si des agents chimiques ont été utilisés". Il est au micro de Dominique André.

Les Etats-Unis et la Russie à la table des négociations

le chef de la diplomatie russe estime qu'une conférence sur la syrie est un "grand défi"
le chef de la diplomatie russe estime qu'une conférence sur la syrie est un "grand défi" © reuters

Sergueï Lavrov et John Kerry se sont rencontrés hier pour la 6ème fois depuis la prise de fonction de John Kerry en février. Au coeur de la discussion : la date d'une conférence de paix et des discussions autour des représentants de l'opposition syrienne et du régime du président Bachar al-Assad qui y participeraient.

Si Damas a donné son "accord de principe" pour participer à "Genève 2", l'opposition syrienne, réunie depuis jeudi à Istanbul, apparaît profondément divisée et ne s'est pas encore prononcé sur sa présence.

Les grandes manoeuvres diplomatiques ont commencé, Christian Chesnot

En juin 2012, la première conférence de Genève avait rassemblé les chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne), des représentants de l'Irak, du Koweït, du Qatar, de la Turquie, et de responsables de l'ONU et de l'Union européenne.

Syrie, infographie
Syrie, infographie © Radio France
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