Dans les gares de France, les supérettes de grandes enseignes peuvent, elles aussi, vendre désormais des cigarettes. Les buralistes s’inquiètent de cette concurrence inédite.

Manifestation des buralistes contre la vente de tabac dans une supérette Monoprix d'Épinal
Manifestation des buralistes contre la vente de tabac dans une supérette Monoprix d'Épinal © Maxppp / J HUMBRECHT

Depuis le 22 juillet, les fumeurs d’Épinal, dans les Vosges, ont le choix, pour acheter leur paquet de cigarettes, entre le buraliste et -nouveauté- la supérette du groupe Monoprix installée dans la gare (Monop’ Station). Les buralistes, qui ont manifesté le 1er août dans les rues de la ville s’inquiètent d’une concurrence déloyale de la part de la grande distribution, alors que l’enseigne a déjà ouvert cinq points de vente de type en France, dont le premier à Meaux (Seine-et-Marne) en 2012.

Après la hausse des prix et l'arrivée du paquet neutre, l'ouverture de ce point de vente sous l'enseigne Monop' station est un coup de canif supplémentaire à la profession (Catherine Marcel, de la Chambre syndicale des buralistes des Vosges)

Selon la Chambre syndicale des buralistes des Vosges, l'an dernier, un millier de bureaux de tabac dans toute la Franceont dû mettre la clef sous la porte, et 27% du tabac consommé dans le pays provient de la vente clandestine de paquets de cigarettes en provenance du Luxembourg.

Des règles strictes pour ouvrir un bureau de tabac

L’ouverture d’un débit de tabac nécessite l’autorisation du directeur régional des douanes, après consultation des représentants de buralistes dans le département d’installation : une mesure à prendre pour que le point de vente ne déséquilibre pas le réseau déjà existant. L’administration peut aussi prendre l’initiative elle-même d’ouvrir un bureau de tabac, en proposant un transfert à un buraliste d’un autre département, comme ce fut le cas pour le point de vente d’Épinal, d’après les explications de Édouard du Penhoat, de France Bleu Bourgogne.

Ailleurs qu’à Épinal, d’autres supérettes gérées par la grande distribution vendent aussi du tabac : par exemple à Libourne, en Gironde. Michèle Delaunnay, députée socialiste de Gironde, va d’ailleurs déposer un projet de loi à la rentrée pour durcir le règlement.

►"Non à l’entrée du tabac dans la grande distribution" : le reportage de Loick Guellec, de France Bleu Bordeaux Gironde.

Pour répondre aux inquiétudes, le groupe Monoprix assure de son côté qu'il n'était pas question de "faire entrer le tabac dans la grande distribution".

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