Evidemment, cela ne pouvait venir que de là. Evidemment. Quand sortent les photos de Closer jeudi dernier bruissent déjà les rumeurs sur le nom de la balance qui a « tuyauté » le magazine : Valérie Trierweiler elle-même, par vengeance. Puis le lendemain, ce n’est plus la future-ex (ou pas) première dame, mais c’est Manuel Valls le fautif. Puis Nicolas Sarkozy. Le paparazzo a beau expliquer que c’est en repérant Julie Gayet au Flore, où un chauffeur de l’Elysée est venu la chercher qu’il a commencé sa « chasse », non, il y a forcément quelqu’un derrière qui tire les ficelles.

Chaussures de clown
Chaussures de clown © CC Black_jag

« Une catastrophe est bien plus souvent due à une grosse connerie qu’à un complot », résume abruptement un homme remarquablement tuyauté à qui peu de choses dans les hautes sphères gouvernementales échappent. En l’occurrence, la « grosse connerie » vient selon lui d’abord de Julie Gayet, qui ces trois derniers mois se montrait de moins en moins discrète sur sa relation avec le Président. Il suffit de regarder les allusions franchement peu équivoques de Stéphane Guillon (compagnon de tournage de Julie Gayet) sur le plateau du Grand Journal en décembre dernier. Ajoutons que la liaison élyséenne n’avait pas échappé aux journalistes politiques ayant leurs entrées à l'Elysée. Pas besoin de faire monter un « chantier » par des barbouzes vallsiens ou sarkozystes pour que l’info sorte.

Indigence, incompétence, amateurisme : n'en jetez plus !

« Pourquoi élaborer un complot », rigole franchement notre interlocuteur, «quand l’indigence de la sécurité de Hollande suffit largement ? ». Il est vrai qu’à part l’ancien patron du SPHP (Service de Protection des Hautes Personnalités, qui fournit les effectifs du GSPR) Jo Querry, peu de spécialistes de la sécurité rapprochée ont un avis nuancé sur la protection du chef de l’Etat. La plupart tirent à boulets rouges sur la patronne du GSPR, Sophie Hatt (« son titre de gloire, c’est quand même de ne pas avoir évité le caillassage de Jospin en Palestine en 2000 », glisse, acide, ce bon décrypteur des affaires troubles), et sur l’incompétence de son équipe : personne n’a repéré la filature, personne n’a détecté le photographe, personne n’a fait l’historique de l’appartement, ce qui aurait évité une polémique inutile sur les liens artificiels entre le 20 rue du cirque et le banditisme corse. « Ce sont des clowns. J’en ai contrôlé, des appartements pas très républicains, ça fait partie du boulot. Si on ne le fait pas, faut changer de métier », se souvient un ancien de la protection élyséenne, qui doute lui aussi du professionnalisme de l’équipe actuelle.

« Mitterrand avait de Grossouvre, c'est-à-dire un homme fort capable d’organiser les secrets du Président » poursuit notre interlocuteur bien informé, « c’est ce qu’il manque à Hollande », qui serait selon lui entouré d’amateurs, « touchants de naïveté » comme des enfants pris en flagrant délit de chapardage, mais totalement irresponsables quant à la sécurité de François Hollande.

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