Il aura fallu neuf mois pour consulter le peuple égyptien sur son avenir. Retour sur une année de bouleversements politiques qui a aboutie sur les premières élections législatives de l'après-Moubarak.

La fin de Moubarak

Le 11 février 2011, un peu moins d'un mois après la révolution tunisienne, les Egyptiens renversent le président Hosni Moubarak au pouvoir depuis 1981. Dix jours plus tard, les avoirs de l'ancien dictateur et de sa famille sont gelés alors que l'armée prend en main ce qu'elle nomme "la transition pacifique". La Constitution est suspendue, le Parlement est dissous.

Le peuple et l'armée main dans la main après la démission de Moubarak par S. Laugénie :

Deux mois après sa chute, Hosni Moubarak est placé en détention préventive dans un hôpital de Charm el-Cheikh. Son parti, le PND (parti national démocrate) est dissous. La justice commence à faire son travail : l'épouse d'Hosni Moubarak est libérée après avoir remis ses avoirs à l'Etat, l'ancien Premier ministre Ahmad Nazif est inculpé pour corruption et le procès de Moubarak commence le 3 août. L'ancien "Raïs" comparaît allité. Ses partisans et ses adversaires règlent leurs comptes et le procès traînent. Il est reporté au 28 décembre.

Le procès Moubarak du 3 août par C. Guibal :

### La reconstruction du paysage politique

Après le départ de Moubarak, l'armée prend les rênes du pouvoir et promet "une transition pacifique" vers "un pouvoir civil élu". Elle suspend la Constitution et dissout le Parlement. Le 3 mars, Essam Charaf devient Premier ministre. Quinze jours plus tard, les Egyptiens valident par réferendum à 77,2% la refonte de la Constitution.

L'armée amende la loi sur les partis : elle facilite désormais leur formation mais interdit leur constitution sur des bases religieuses. Le parti de Moubarak est dissous et le parti de la liberté et de la justice des Frères musulmans est légalisé le 6 juin.

Fin septembre, l'armée annonce la tenue d'élection législatives le 28 novembre. Après de violents affrontements place Tahrir entre l'armée et des manifestants qui réclament la fin du pouvoir militaire, le gouvernement démissionne, Kamal el-Ganzouri devient Premier ministre. L'armée conserve la main mise sur l'Egypte mais le Maréchal Tantaoui s'engage à organiser une élection présidentielle fin juin 2012 sous condition de validation par référendum.

L'échiquier politique de l'après-Moubarak se joue désormais à trois : l'armée qui tient les rênes, les frères musulmans qui ont le vent en poupe et les manifestants de la place Tahrir qui soutiennent Mohammed Al-Baradei, l'ancien directeur de l'Agence Internationale de l'énergie atomique, prix nobel de la paix. Il s'est proposé pour prendre la tête du gouvernement provisoire.

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Les forces en présence en Egypte par Sébastien Laugénie :

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