Le consul général de France à Erbil s'appelle Frédéric Tissot. Ancien médecin des Peshmergas, il a soigné les résistants au régime de Saddam Hussein pendant les années 80. Il y a gagné le surnom de « Docteur Tissot ».

Frédéric Tissot observe que le président de la région a été élu pour la première fois au suffrage universel. L’opposition dépose maintenant d’un quart des sièges du parlement local. La démocratie est en marche, selon lui, bien que le poids de la tradition patriarcale soit toujours aussi pesant sur la vie au quotidien.

Frédéric Tissot, consul général de France à Erbil

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Pour plusieurs intellectuels, la démocratie au Kurdistan irakien n’est qu’une façade, le pays ploie sous le poids d’une corruption institutionnalisée. Une société qui ne prévoit rien pour les jeunes -pas de bars, pas de cinéma, pas de loisirs, pas de liberté- ce qui le pousse vers l'exil.

Une société multiconfessionnelle

A la tête de cette région autonome actuellement : 2 familles politiques, qui après s'être affrontées dans les années 90, ont finalement réussi à s'unir pour mieux se partager le pouvoir. Deux clans qui se réclament tous les 2 des Peshmergas, ces héros de la patrie, résistants au régime de Saddam Hussein dans les années 80 -on se souvient de ces années noires, tortures et bombardements chimiques-.

Une région qui a beaucoup souffert mais qui s’est reconstruite autour des revenus du pétrole, mais aussi autour d’une société pluraliste, selon Kendall Nézane.

Kendall Nézane, il préside l'institut kurde à Paris, il était en mission à Erbil

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Peut-on parler de démocratie si seule l'élite au pouvoir vit bien ?

C'est vrai, le président de la région a été élu pour la première fois au suffrage universel en juillet dernier, c'est vrai qu'il y a 30% de femmes au parlement irakien, c'est vrai encore qu'il y a l'émergence d'un parti d'opposition : Goran, qui veut dire le changement en kurde.

Bref, sur le papier, le Kurdistan irakien affiche une bonne santé économique et politique, histoire d'attirer les investisseurs étrangers : les ciments Lafarge, l'aciérie Arcelor Mittal ou encore Bouygues sont déjà installés sur des terrains gracieusement offerts par le gouvernement.

Mais il faut savoir soulever le couvercle pour mieux comprendre comment fonctionne la société kurde en Irak.

Nabaz Goran est un jeune journaliste indépendant qui a accepté de répondre à nos questions. Nous sommes retrouvés dans un hôtel à Erbil, lieu de rendez-vous des intellectuels et des artistes. Il nous a raconté ses arrestations et les menaces qu’il a subi.

Pour lui la démocratie au Kurdistan est un mensonge.

Nabaz Goran

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