Les services de santé au travail peuvent parfois être le terrain de batailles farouches.

Exemple : à Nice.

Depuis janvier 2006, Sophie O’Neill était la directrice de l’AMETRA 06, le cinquième service de santé au travail de France. Elle affirme avoir été brusquement débarquée de son poste, en octobre 2008, par Bruno Demarest, directeur des relations humaines du Palais des Festivals, membre de l’UPE (l’Union pour l'entreprise), le patronat local.

Bruno Demarest est également président du conseil des Prud’hommes de Cannes.

L’AMETRA 06 emploie 180 personnes responsables de 175 000 salariés répartis dans plus de 25 000 entreprises.

Avec l’arrivée de Bruno Demarest à la présidence de l’AMETRA 06, en juin 2008, Sophie O’Neill affirme que la gestion du service de santé au travail a radicalement changé, parlant de « management dictatorial ». Ecoutez son témoignage.

Sophie O’Neill

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Médecine du travail - un an après 8 (oneill)

Le 15 septembre 2008, Sophie O’Neill est mise à pied, avant d’être licenciée pour « faute grave » un mois plus tard, ce qu'elle considère comme un abus de pouvoir.

Sophie O’Neill

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Médecine du travail - un an après 9 (oneill)

En octobre 2008, Bruno Demarest notifie son licenciement à Sophie O’Neill. Le président de l’AMETRA 06 lui reproche, entre autre, son « comportement de défiance », son « opposition virulente », son refus de « toute autorité », sa contestation du « lien hiérarchique » ainsi que son « comportement négatif intolérable ».

Une procédure devant les Prud’hommes de Nice est actuellement en cours. Là encore, le ministère du Travail est parfaitement au courant de la situation.

Aujourd’hui, Sophie O’Neill est à la recherche d’un emploi... loin de la région niçoise.

La version de Bruno Demarest, le président d’AMETRA 06

Joint par téléphone, mardi 13 janvier, Bruno Demarest n’a pas souhaité s’exprimer publiquement sur le sujet « dans l’attente d’une décision des Prudhommes. » Néanmoins, il conteste vivement les propos de Sophie O’Neill, rappelant que « sa demande de réintégration en référé a déjà été refusée par le conseil des prudhommes, le 6 novembre 2008. » Le président de l’AMETRA 06 estime qu’ « il n’y a jamais eu de "putsch" au sein de l’association, simplement certaines personnes qui ont fait des fautes. » « Cela fait 30 ans que je travaille avec la médecine du travail », ajoute Bruno Demarest, en réponse aux propos de son ancienne directrice, le présentant comme ignorant des pratiques du secteur. « Quand je lui ai demandé les comptes, elle ne me les a pas donnés », réplique-t-il à Sophie O’Neill, qui affirme que Bruno Demarest lui aurait immédiatement demandé l’usage d’"une carte bancaire" dès son arrivée dans le service. « J’ai déclenché un audit interne » , ajoute Bruno Demarest, qui se dit « surpris du nombre de contrôles pour vérifier les comptes de l’AMETRA 06. Nous sommes plus que transparent, conclut-il. Il n’y a pas un centime qui passe à l’as. »

Cette enquête est également consultable sur Eco 89, le site économique de Rue 89.

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