Le lundi qui a suivi les élections, des milliers d'opposants sont descendus dans la rue à Moscou pour dénoncer ce qu'ils considèrent être une "farce électorale". La police en a compté 2.000, les organisateurs 10.000. La manifestation a été réprimée avec près de 300 arrestations. Ce frissonnement contestataire s'est confirmé le samedi 10 décembre avec des manifestations organisées dans tout le pays. Entre 50.000 et 80.000 personnes se sont mobilisées à Moscou, environ 10.000 dans la deuxième ville du pays, St Petersbourg. Le 24 décembre, près de deux semaines après les premières manifestations, une vingtaine de cortèges s'est rassemblé un peu partout en Russie. A chaque fois, la police a laissé faire craignant une radicalisation du mouvement. Le 4 février 2012, à un mois de la présidentielle du 4 mars, les Russes sont retournées dans la rue pour protester une nouvelle fois contre la mainmise de Poutine sur le pouvoir.

Le 4 février, des dizaines de milliers Russes ont manifesté pour demander des élections équitables et davantage de libertés politiques. Le premier tour de la présidentielle est dans un mois et Vladimir Poutine est le grand favori.

Selon l'opposition, le principal défilé de ses opposants a réuni 100.000 personnes malgré les -17°C affichés à la mi-journée par un thermomètre numérique situé sur le tracé, dans le centre de Moscou.

"Nous avons d'ores et déjà atteint le point de non retour. Les gens n'ont plus peur et voient combien ils peuvent être forts ensemble", s'est félicité l'opposant au pouvoir Ivan Kositski,. Vladimir Poutine "veut la stabilité, mais on ne la trouve que dans la tombe", a-t-il ajouté.

Les précisions d'Ilyana Moryoussef :

Le rassemblement en faveur du Premier ministre Medvedev a été organisé à quelques kilomètres. 90.000 personnes se sont réunies selon la police. ### Les manifestations du 24 décembre _L'analyse de Boris Toumanov, journaliste indépendant après les manifestations du 24 décembre :_
Mikhaïl Gorbatchev, Garry Kasparov... Le 24 décembre, des personnalités se sont officiellement engagées aux côtés des milliers de manifestants qui sont une nouvelle fois descendus dans la rue pour dénoncer les fraudes électorales et exiger le départ de Vladimir Poutine et de son parti Russie unie. Selon les organisateurs, plus de 120.000 personnes ont participé à la manifestation de Moscou, ils étaient 29.000 selon la police. Dans 20 autres villes, des cortèges ont défilé. _La journée du 24 décembre par Illana Moryoussef :_
La manifestation du lundi qui a suivie les élections s'est tenue sous une pluie battante. Les manifestants, bien plus nombreux que lors des précédentes mobilisations se sont organisés à l'aide des réseaux sociaux. Ils ont scandé des slogans anti-Poutine. 1.600 manifestants ont été arrêtés parmi lesquel l'ancien premier ministre Boris Nemtsov et le blogueur Alexeï Navalny qui dénonce depuis des années la corruption ambiante. Le gouvernment a autorisé le rassemblement dans un lieu situé en marge des bâtiment publics. Au bout de quelques heures, les manifestants ont décidé de marcher vers la commission électorale pour demander l'annulation du vote. La police a empêché le déplacement et procédé aux arrestations. A St Petersbourg, une centaine de personnes a été interpelée après une manifestation de moindre importance. ### Les manifestations du 10 décembre Cinq jours après ces premières manifestations, des milliers de Russes se sont réunis à Moscou, à St Petersbourg et dans beaucoup d'autres villes du pays pour dénoncer une nouvelle fois les fraudes présumées. Pour la première fois depuis plus de 20 ans, la rue russe prend massivement la parole et demande la fin de la domination de Poutine. Entre 50.000 et 80.000 personnes à Moscou, 10.000 à St Petersbourg, 1.000 à Vladivostock et des dizaines de groupes de manifestants dans des petites ou moyennes villes du pays comme Kurgan près de la frontière du Kazakhstan ou à Kaliningrad sur la Mer baltique. Les revendications des manifestants sont simples. Munis de pancartes sur lesquelles on peut lire "les rats doivent partir" ou encore "rendez-nous nos voix", ils demandent l'annulation du scrutin du 4 décembre, la tenue de nouvelles élections, l'inscription des partis d'opposition sur les listes électorales et la libération des partis politiques. _La plus grande manifestation à Moscou depuis 1991, le samedi 10 décembre, par Iliana Moryoussef:_
S'il est clair que le Kremlin ne va pas satisfaire la totalité de ces revendications, son attitude bien plus conciliante que les années précédentes a surpris beaucoup de Russes. Le pouvoir a peu réprimé le mouvement malgré la présence importante de forces anti-émeutes. Les médias officiels ont raconté sur leurs antennes, la journée historique que les forces sociales du pays ont vécu sans être soumis à une censure devenue monnaie courante dans la Russie post-communiste. Les autorisations de manifester sont encore limitées à des espaces précis, des arrestations ont eu lieu en marge de certains rassemblements et des stratégies de démobilisation des foules ont été mises en place pour inciter les Russes à ne pas descendre dans la rue. Pourtant, que ce soit par peur, par stratégie ou les deux, le pouvoir russe a lâché un peu de la poigne avec laquelle il tient ses citoyens depuis deux décennies. _Au lendemain de la grande manifestation du 10 décembre, par Ilyana Moryoussef :_
Le président Dmitri Medvedev a ordonné au lendemain des manifestations du 10 décembre, l'ouverture d'une enquête sur les allégations de violations des règles électorales lors du scrutin législatif. _Dmitri Medvedev demande l'ouverture d'une enquête sur les accusations de fraudes électorales, par Ilyana Moryoussef :_
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