L’Union régionale des professionnels de santé libéraux (URPS) d’Auvergne-Rhône-Alpes, qui représente 14 000 médecins, exhorte les autorités à prendre des mesures immédiates et draconiennes pour enrayer la propagation de l’épidémie.

L'URPS réclame un couvre-feu dès 19 heures et instaurer un confinement le week-end. Image d'illustration.
L'URPS réclame un couvre-feu dès 19 heures et instaurer un confinement le week-end. Image d'illustration. © AFP / Hans Lucas / Riccardo Milani

"Le temps n'est plus aux demi-mesures." Dans un communiqué publié ce vendredi, l’Union régionale des professionnels de santé libéraux (UPRS) d'Auvergne-Rhône-Alpes estime les "demi-mesures du couvre-feu actuel font penser à la drôle de guerre de 1939-40". Elle appelle, dans les heures qui viennent, à imposer le couvre-feu dès 19 heures et instaurer un confinement le week-end, dernier rempart avant un confinement généralisé de la population. "On est dans une situation de guerre", argumente auprès de France Inter le docteur Pierre-Jean Ternamian, médecin radiologue à Lyon et président de l’URPS. "Avec plus de 40.000 nouveaux cas par jour, si on prend un taux de mortalité à 0,5%, cela veut dire qu’au bout de trois semaines, on aura 200 morts par jour."

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Les médecins libéraux demandent donc que les Français puissent mettre leurs enfants à l’école et aller travailler, masqués, pour continuer à faire tourner l’économie, mais qu’ils rentrent ensuite chez eux directement. "La bulle sociale de six personnes est une erreur totale", poursuit le Dr Ternamian. "Il faut se limiter à la stricte sphère familiale si l’on veut venir à bout de cette épidémie. Depuis deux semaines, j’ai plusieurs patients Covid par jour dans mon cabinet. Ça revient trop vite et trop fort."

En Auvergne-Rhône-Alpes, lors de la première vague, 2060 lits étaient occupés par des patients Covid. Aujourd’hui, il y en a 1950. "Mais les personnels sont épuisés par la première vague et des équipes médicales sont amputées de soignants contaminés lors de cette seconde vague. La situation devient hors de contrôle."

Des victimes collatérales

Dans son communiqué, l’URPS Auvergne-Rhône-Alpes déplore aussi le manque de responsabilité individuelle : 

"Trop de nos concitoyens ne prennent pas suffisamment au sérieux les risques de contagion, banalisent individuellement cette infection, négligent le risque qu’ils font courir aux autres et en premier lieu aux plus vulnérables."

Pierre-Jean Ternamian met également en avant la perte de chance des autres patients. Selon l’estimation des médecins libéraux, lors de la première vague, 280 cas de cancers du sein n’ont ainsi pas pu être détectés. "Si nous ne durcissons pas les mesures, nous allons très vite arriver à la barre des 40 000 morts. Alors suivons l’exemple de la Guyane qui a su avancer son couvre-feu à 17h et qui a permis de casser la courbe de la propagation du virus."