Un message projeté en pleine nuit sur la façade de l'Assemblée Nationale à Paris afin de dénoncer les ventes d'armes françaises à l'Arabie Saoudite. C'est l'action de quatre ONG qui voulaient ainsi interpeller les parlementaires français, quatre ans après le début de la guerre au Yémen.

En pleine nuit, un message affiché sans autorisation sur le palais Bourbon
En pleine nuit, un message affiché sans autorisation sur le palais Bourbon © Fanny Mantaux / MDM

A 2h du matin, autour de la place de la Concorde et du Palais Bourbon, il n'y a pas grand monde. Mais cette nuit du 27 au 28 mars, une dizaine de personnes sont rassemblées sur le pont de la Concorde. Les quelques voitures de police qui passent ne s'en émeuvent pas, même si certains des présents portent des vestes aux couleurs d'ONG. 

Les projecteurs éclairant l'Assemblée nationale viennent de s'éteindre, un camion s'arrête et de l'arrière du véhicule, sort un faisceau de lumière projetant sur la façade un message que les quelques journalistes prévenus de l'opération s'empressent de photographier ou de filmer :  "En France la vente d'armes rapporte gros, au Yémen elle coûte cher !" L'opération durera une dizaine de minutes. 

Médecin du Monde, Oxfam France, Care France et ACF ont mené conjointement l'opération
Médecin du Monde, Oxfam France, Care France et ACF ont mené conjointement l'opération © Radio France / Thibaut Cavaillès

Ce sont les ONG Oxfam France, Médecins du Monde, Action contre la Faim et Care France qui l'ont organisée comptant sur les médias pour la relayer et que  les parlementaires soient interpellés.  Pour Fanny Petitbon, responsable plaidoyer auprès de l'ONG Care France, il fallait interpeller : "Il faut savoir que la France, entre 2015 et 2017 a vendu plus de quatre milliards d'euros de matériel à l'Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis. Donc on est là pour mobiliser les Parlementaires et pour appeler la France à suspendre immédiatement ces transferts d'armes vers les pays impliqués dans le conflit yéménite." La France qui a signé pourtant un traité interdisant notamment la vente d'armes à des pays qui pourraient s'en servir contre des civils. C'est le cas avec l'Arabie Saoudite au Yémen.  

De 10 000 à 60 000 civils tués selon les estimations pour une guerre débutée il y a quatre ans
De 10 000 à 60 000 civils tués selon les estimations pour une guerre débutée il y a quatre ans / Fanny Mantaux / MDM

Mais Paris ferme les yeux. "Il y a une position commune au niveau européen, explique Fanny Petitbon. "Angela Merkel a lancé un appel à Emmanuel Macron pour qu'il suspende les ventes d'armes auquel il a répondu d'un revers de la main en disant que ça n'était pas à l'Allemagne de lui dire ce qu'il fallait faire." Ces désaccords sont apparus après le meurtre de l'opposant saoudien Jamal Khashoggi en octobre dernier. Une affaire beaucoup plus médiatisée que la guerre au Yémen, sur laquelle ces ONG ont voulu mettre cette nuit-là un peu de lumière. 

A aucun moment les activistes n'ont été inquiétés par les forces de l'ordre. 

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