PARIS (Reuters) - Des policiers épaulent jeudi les agents de sécurité non grévistes de l'aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle pour faciliter le contrôle des passagers face à la reconduction de la grève pour son septième jour.

Malgré les protestations syndicales, y compris au sein de la police, le gouvernement a mis à exécution sa menace de demander aux forces de l'ordre de se substituer aux grévistes afin que les passagers ne soient pas "pris en otage" pour Noël.

Aucune annulation de vol n'est prévue à Roissy ou Orly mais des files d'attente plus longues que d'habitude sont possibles à Roissy, a-t-on appris auprès d'Aéroports de Paris, le gestionnaire des aéroports parisiens.

Dans cet aéroport, où 80.000 passagers sont attendus ce jeudi, des fonctionnaires de la police aux frontières effectuaient jeudi matin des palpations aux postes de contrôle, aux côtés d'agents de sécurité.

Une centaine de policiers étaient présents dans la matinée sur une quarantaine de postes de contrôle aux côtés d'agents non-grévistes, selon le Syndicat national des officiers de police (Snop).

Les policiers inspectent aussi des bagages mais n'effectuent pas les contrôles derrière les écrans, qui demandent une formation spécifique.

Le dispositif devait monter en puissance au fil de la journée, 400 policiers et gendarmes étant prêts à intervenir en fonction des besoins.

Une centaine de grévistes ont manifesté dans la matinée au terminal 2F, puis 2E, de l'aéroport pour dénoncer le refus des sociétés de sécurité qui les emploient de négocier sur les salaires, a constaté un journaliste de Reuters sur place.

DISCUSSIONS BLOQUÉES

De nombreux CRS ont été déployés sur leur parcours pour éviter tout débordement.

Les agents de sécurité ont reconduit mercredi leur grève après le blocage des discussions avec les médiateurs nommés par le gouvernement pour tenter de dénouer le conflit.

Jeudi en milieu de matinée, aucun rendez-vous n'avait été fixé pour une reprise des discussions.

"On est dans le durcissement des positions", a déploré Jean-Baptiste Fouère, délégué Force ouvrière de la Brink's, tout en soulignant que la présence des forces de l'ordre était "marginale" à ce stade.

Les représentants des grévistes demandent des hausses de salaire allant jusqu'à 200 euros par mois - une revendication que le patronat juge irréaliste - et l'amélioration de leurs conditions de travail. Ils disent gagner 1.543 euros bruts par mois, dont une partie en primes, et travailler avec des horaires décalés et le dimanche.

Les compagnies de sûreté refusent d'augmenter leurs employés, parce qu'elles estiment être elles-mêmes trop peu payées par les gestionnaires aéroportuaires, ont expliqué les syndicalistes.

En conséquence, les syndicalistes de Roissy demandent à l'Etat et à Aéroports de Paris de participer directement aux négociations, sans succès dans l'immédiat.

"L'Etat doit intervenir pour demander aux gestionnaires aéroportuaires de mieux répartir la taxe de sûreté aéroportuaire prélevée sur les billets, ce qui nous donnera la possibilité de faire notre métier avec un salaire correct" a dit aux journalistes Christine Hamiani, de la CGT.

Nicolas Sarkozy avait sommé mercredi le gouvernement "de prendre toutes les mesures nécessaires et opportunes", pour assurer l'embarquement des passagers.

Force ouvrière a regretté que le gouvernement veuille faire de la police républicaine "une briseuse de grève."

Antony Paone, avec Gérard Bon et Jean-Baptiste Vey, édité par Patrick Vignal

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