Concernant l’état de santé de Liliane Bettencourt, les enquêteurs de la Brigade financière estiment dans leur rapport que l’audition des membres du personnel de la milliardaire « permettait de confirmer cette notion de trouble physique, plus particulièrement constaté au cours de deux périodes, à savoir de mars à juin 2003, puis de septembre 2006 à fin 2006. »

Ainsi, Henriette Youpatchou, ancienne infirmière de Liliane Bettencourt du 5 septembre 2006 au 28 juillet 2007 -qui a témoigné le 22 juillet 2010 dans l’enquête de la juge Isabelle Prévost-Deprez sur le volet « abus de faiblesse » (Médiapart 27/07/2010) -, estimait, le 24 janvier 2008, que l’héritière de l’Oréal présentait « au minimum dès sa sortie de l’hôpital américain de Neuilly, le 5 septembre 2006, un état de désorientation temporo-spatiale et des troubles de comportement » , considérant ces symptômes « comme semblant caractériser ou s’apparenter à ceux de la maladie d’Alzheimer ».

Autre témoignage, celui de Chantal Trovel, ancienne secrétaire particulière de Liliane Bettencourt de juin 1997 à novembre 2007 (entendue le 8 juillet 2010 dans l’une des enquêtes préliminaires du Procureur Courroye, elle a confirmé le financement politique des Bettencourt (Le Monde 15/07/2010).

Devant la Brigade financière, le 24 janvier 2008, Chantal Trovel assure que, de fin août à décembre 2006, et en avril-mai 2007, Liliane Bettencourt « était très désorientée, présentant des troubles de l’équilibre ».

Entendue le 24 janvier 2008, Claire Thibout, l’ancienne comptable de la milliardaire (qui a mis « le feu aux poudres » en évoquant à Médiapart, le 6 juillet 2010, ainsi qu’aux enquêteurs, un financement politique et la remise en espèce de 150 000 euros à Eric Woerth par Patrice de Maistre) estime, elle aussi, que l’héritière de l’Oréal « avait présenté de mars à fin 2003, des problèmes d’équilibre, de confusion, ainsi que des problèmes de lucidité. »

A partir d’août 2006, Claire Thibout précise avoir constaté, « une aggravation brutale » de l’état de santé de l’héritière de l’Oréal qui « ne se situait plus géographiquement, était d’une extrême faiblesse et avait du mal à marcher. Ces symptômes étaient réapparus en mars-avril 2007. »

Un état de faiblesse confirmé, le 30 janvier 2008, par Dominique Gaspard, l’ancienne femme de chambre de la milliardaire , de février 1991 à décembre 2008, où elle est alors licenciée pour avoir témoigné dans cette procédure (Dominique Gaspard a, de nouveau été entendue par la juge Prévost-Deprez, le 23 juillet 2010), ainsi que par Christiane Djenane, ancienne secrétaire personnelle de Lilianne Bettencourt de 1992 à février 2007 , entendue le 7 février 2008 par la Brigade financière (elle a également été entendue en juillet 2010 dans l’une des enquêtes préliminaires, sous la responsabilité du procureur Courroye.

Pour la Brigade financière, « ces constatations étaient étayées par les observations médicales relevées par les docteurs Koskas, Leroy et Kalafat . Ce dernier, neurologue, ayant procédé à un examen » sur Liliane Bettencourt, le 14 décembre 2007, « au terme duquel il avait établi un certificat en vue de l’ouverture d’une mesure de curatelle justifiée par la constatation de troubles de la mémoire et la nécessité de mettre en œuvre un traitement neurologique. »

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