Plusieurs techniques vont être utilisées par Jean-Jacques Vies pour fournir des pièces justificatives à son employeur, afin d’ « habiller » de façon comptable la corruption.

« Il s’agissait pour moi, avec l’accord de Paris, de fournir des pièces justificatives de loyer, même fausses , explique Vies aux enquêteurs belges (…)je peux vous dire que j’ai également ramassé des souches de restaurant laissées par d’autres clients. J’ai aussi sollicité des pièces comptables auprès de restaurants complaisant afin de boucler mon budget (…) Tout cela a été fait en parfaite connaissance de cause de la hiérarchie du groupe. Ils ne doivent pas se draper maintenant d’une virginité. »

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Ecoutez les explications de Jean-Jacques Vies sur la façon dont il facturait les avantages en nature, et l’argent liquide, octroyés au fonctionnaire européen...

Jean-Jacques Vies

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Corruption agriculture européenne 4 (Vies)

Un document « confidentiel » (non daté) adressé par le directeur financier-adjoint de SYNCOPEX-UNION INVIVO, Philippe Sirjacques au lobbyiste Jean-Jacques Vies propose même « une solution interne », afin de débloquer des fonds supplémentaires.

Il est notamment proposé à Jean-Jacques Vies d’ « augmenter [son] indemnité logement mensuelle de 1 830 à 2 450 € par mois à compter du 1er mai 2003. »

Commentaire de Jean-Jacques Vies devant les enquêteurs belges:

« Vous comprenez que le comptable ne peut écrire dans les documents officiels le prix de la corruption de M. Karel Brus. Donc d’autres solutions ‘’ imaginatives’’ ont été adoptées. Je ne suis pas consulté sur le montage financier. Il est du ressort exclusif de M. Sirjacques [directeur administratif et financier-adjoint]. Ceci avec l’assentiment aussi bien de Louis Behagel [directeur général adjoint] que de Bruno Catton [directeur général d’UNION INVIVO]. »

Devant les enquêteurs, le directeur financier-adjoint d’UNION INVIVO, Philippe Sirjacques, reconnaîtra avoir été « informé depuis 1999 de la nature des activités de [Jean-Jacques] Vies en Belgique. »

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Il est l’un des rares représentants du groupe céréalier qui admettra sur procès-verbal avoir eu connaissance de l’objectif réel poursuivi, à travers le budget de SYNCOPEX.

Jean-Jacques Vies m’a « clairement explicité le rôle de M. [Karel] Brus en mai 2003, lorsqu’il m’a demandé d’augmenter le budget du SYNCOPEX afin de dégager des ressources aux fins de verser à M. Brus une somme d’argent correspondant au montant des mensualités de sa voiture de marque BMW [NDR : en réalité, une Volvo] , explique ainsi le directeur-financier adjoint d’UNION INVIVO. C’est à cet instant que j’ai saisi l’importance des informations transmises par M. Brus à Vies et que mes doutes se sont transformés en certitude concernant le fait que M. Vies rétribuait M. Brus en échange de ces informations (…) Il est évident que ces données transmises par M. Brus étaient confidentielles . Elles étaient directement exploitées par Messieurs Behaghel [directeur-général adjoint] et Pedron, de la Direction des marchés d’INVIVO. »

Accusations démenties par Louis Behagel et − partiellement − par Richard Pedron (voir le détail plus loin.)

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