le président de l'arche de zoé et sa compagne comdamnés à deux ans de réclusion
le président de l'arche de zoé et sa compagne comdamnés à deux ans de réclusion © reuters

Le président de l'Arche de Zoé et sa compagne, poursuivis pour une tentative d'exfiltration vers la France d'une centaine d'enfants présentés comme des orphelins du Darfour, en octobre 2007, ont été condamnés aujourd'hui à deux ans de prison ferme.

Eric Breteau et Emilie Lelouch, qui se trouvaient jusque-là en Afrique du Sud et n'avaient pas assisté à leur procès, étaient bien présents devant le tribunal correctionnel de Paris pour entendre ce délibéré, au terme duquel ils ont été arrêtés.

Compte-rendu d'audience avec Dominique Loriou

L'association dissoute

Ils ont été reconnus coupables d'exercice illégal de l'activité d'intermédiaire pour l'adoption, de tentative d'aide à l'entrée ou au séjour irrégulier de mineurs étrangers et d'escroquerie.

Les deux animateurs de l'organisation caritative ont également été condamnés à payer chacun une amende de 50.000 euros et à l'interdiction définitive d'exercer toute profession d'accueil, d'hébergement ou de placement de mineurs.

L'Arche de Zoé, poursuivie en tant que personne morale, a été condamnée à une amende de 100.000 euros, et sa dissolution a été prononcée.

En 2007, l'association française avait tenté de ramener en France, à l’insu des autorités tchadiennes, 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour, région soudanaise en guerre depuis des années et frontalière du Tchad. Les enfants étaient en fait en grande majorité tchadiens et avaient bel et bien des parents.

Des enfants que notre reporter Sara Ghibaudo avait retrouvés, fin 2012. Son reportage dans Interception.

Selon le tribunal, Eric Breteau, Emilie Lelouch et l'Arche de Zoé "ne pouvaient ignorer l'illégalité de leur projet". "Ils ont menti sciemment aux familles."

"Vous auriez eu la parole si vous étiez venus aux audiences"

Le président de l'association caritative et sa compagne ont ri et applaudi ironiquement à la lecture des motivations du tribunal. "Vous auriez eu la parole éventuellement si vous étiez venus aux précédentes audiences", leur a rétorqué la présidente.

Ils avaient été arrêtés en octobre 2007 au Tchad alors qu'ils s'apprêtaient à emmener en France 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour, une région du Soudan, mais dont la plupart étaient de nationalité tchadienne et n'étaient pas orphelins, selon des associations.

Les quatre autres prévenus, parmi lesquels des membres de l'association, une journaliste et un médecin, ont été condamnés à des peines de 6 mois de prison avec sursis pour deux d'entre eux, et un an avec sursis pour les deux autres.

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