arrivée à paris de la famille de sept français otages au cameroun
arrivée à paris de la famille de sept français otages au cameroun © Radio France / Reuters

La famille française prise en otage dans le nord du Cameroun est arrivée vers 6 heures ce matin en France. Cette famille de sept personnes - trois adultes et quatre enfants - a été libérée dans la nuit de jeudi à vendredi. Aucune rançon n'aurait été versée.

Les sept Français pris en otage dans le nord du Cameroun et libérés vendredi après deux mois de captivité sont arrivés samedi à l'aéroport d'Orly, près de Paris, où ils ont été accueillis par le président François Hollande qui a salué une victoire "de la vie".

Les conditions de la libération de cette famille de trois adultes et quatre enfants n'ont pas été rendues publiques et le chef de l'Etat comme Tanguy Moulin-Fournier, le père de famille, n'ont fait samedi matin qu'une déclaration à la presse axée sur l'émotion du retour en France.

Sébastien Sabiron a assisté au retour de la famille Moulin-Fournier

Tanguy Moulin-Fournier a déclaré:

Je n'ai appris qu'hier la chaîne de solidarité en place pour notre libération. C'est très beau que la France puisse se réunir de cette manière. C'est un grand moment d'être en France.

En réponse, le président de la République, François Hollande a affirmé:

Bienvenue ici chez vous en France. La vie c'est ce qu'il y a de plus fort, de plus beau. Et aujourd'hui c'est la vie qui a gagné.

Fançois Hollande, qui avait auparavant exprimé son "immense soulagement", a affirmé qu'aucune rançon n'avait été versée, conformément à la doctrine que Paris avait annoncée en février dernier.

Ecoutez la déclaration de François Hollande

La famille devrait rapidement se rendre dans le Rhône, où vivent plusieurs de leurs proches. Les quatre enfants du couple Moulin-Fournier devront également se reconstruire après cette épreuve.

Ecoutez l'analyse du professeur de Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Hôpital Avicennes de Bobigny, Thierry Baudet

Avant de quitter Orly, une heure après y être arrivé, Tanguy Moulin-Fournier a parlé de son souhait de retourner vivre dès que possible au Cameroun, "un très beau pays où on se plaît beaucoup".

Sébastien Paour était à Orly pour l'arrivée de la famille

Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po et spécialiste des mouvements djihadistes,

"Les conditions étaient très difficiles"

La télévision camerounaise a diffusé des images de leur arrivée à Yaoundé à leur descente d'avion, où ils sont apparus très amaigris, les deux hommes, Tanguy Moulin-Fournier et son frère, portant une barbe fournie. Selon Tanguy Moulin-Fournier interrogé sur France Inter :

Les conditions étaient très difficiles, il faisait extrêmement chaud, beaucoup de difficultés mais il n'y a pas de problème grave, on est vivant et on est infiniment heureux. Nous sommes toujours restés ensemble.

Tanguy Moulin-Fournier a refusé de parler des conditions dans lesquelles la libération s'est déroulée. François Hollande, qui a remercié les autorités camerounaises et nigérianes, a rappelé que huit autres ressortissants français restent détenus au Sahel :

C'est un immense soulagement qui nous rend encore plus déterminés pour libérer les otages qui sont encore détenus.

Hollande évoque des "contacts"

Le chef de l'Etat a assuré que Paris n'avait pas versé de rançon, précisant que des "contacts" avaient été noués ces dernières semaines en coopération avec les autorités camerounaises et nigérianes.

"Nous ne changerons pas notre principe qui est le non versement par la France de rançon", a-t-il dit en insistant le "secret" indispensable à ses yeux dans les affaires d'otages. L'enlèvement de deux Français en Afghanistan avait été tenu secret par les autorités françaises. L'un a été libéré début avril et l'autre est parvenu à s'échapper.

A chaque libération des otages, les autorités s'entretiennent avec les otages. Comment fonctionne ce débrief ?

Les précisions de Luc Lemonnier

François Hollande a précisé avoir téléphoné à Tanguy Moulin-Fournier, un cadre de GDF Suez en poste au Cameroun depuis 2011. Dans les jours qui avaient suivi l'enlèvement, Paris avait envoyé au Cameroun des soldats chargés de participer à l'enquête et aux recherches.

Le groupe islamiste nigérian Boko Haram avait revendiqué l'enlèvement le 25 février et réclamait, en échange de leur libération, celle de femmes et d'enfants membres de l'organisation détenus dans les prisons nigérianes et camerounaises. A la mi-mars, dans un enregistrement sonore, un homme se présentant comme Tanguy Moulin-Fournier, avait demandé à l'ambassadeur de France et au président camerounais, Paul Biya, de "tout mettre en oeuvre" pour qu'une solution soit trouvée.

Il avait confirmé que le groupe Boko Haram réclamait la libération des femmes et des enfants membres de l'organisation détenus dans les prisons nigérianes. Une vidéo postée le 25 février sur le site internet YouTube avait précédemment montré la famille, les quatre enfants assis par terre devant les adultes, et un militant masqué.

Dans cette vidéo, l'un des ravisseurs s'exprimant en arabe menaçait de tuer les otages français si les revendications du groupe n'étaient pas satisfaites. Il accusait également François Hollande, dont les armées interviennent depuis le 11 janvier au Mali, de mener une guerre contre l'islam. Mais il ne demandait pas la fin de l'intervention française.

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