PARIS (Reuters) - Dix personnes ont été interpellées mercredi dans le cadre d'un nouveau coup de filet mené dans les milieux islamistes radicaux dans plusieurs villes de France, moins d'une semaine après l'interpellation de membres du groupe salafiste Forsane Alizza.

"Si des éléments sont rassemblés et permettent de convaincre les magistrats qu'il y a lieu d'intervenir, il y aura d'autres coups de filet", a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. "La pression contre l'islamisme radical et les menaces qu'il comporte ne se relâchera pas".

L'opération, lancée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avec l'appui du Raid et du GIPN, a débuté à 06h00 à Marseille, Roubaix, Carpentras, Pau, Valence et Bon-Encontre (Lot-et-Garonne), notamment, et des perquisitions ont été menées, a-t-on appris de source policière.

L'intervention policière s'inscrit dans le cadre d'une enquête préliminaire du parquet antiterroriste de Paris, visant huit individus présentant des profils similaires à celui de Mohamed Merah, l'auteur des tueries de Montauban et de Toulouse. Deux autres personnes de leur entourage ont aussi été arrêtées.

Il s'agit d'individus isolés, autoradicalisés, présentant pour certains des profils de petits délinquants, repérés sur des forums islamistes sur internet ou pour s'être rendus ou avoir projeté de se rendre dans la zone afghano-pakistanaise et dans le Sahel, a indiqué la source policière.

Selon une source judiciaire, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur des personnes fichées par les services de renseignement, connus notamment avoir effectués des voyages dans la zone pakistano-afghane.

A l'issue de leur garde à vue, qui peut durer jusqu'à quatre jours dans le cadre antiterroriste, les dix personnes interpellées pourront soit être relâchées si les charges sont insuffisantes, soit être déférées devant un juge d'instruction qui ouvrira une ou plusieurs informations judiciaires.

MISE EN SCÈNE ?

"Je ne peux que prendre acte de toutes les arrestations qui ont été faites", a dit sur Europe 1 le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, qui a appelé au "respect de la légalité et du respect des droits de chacun".

Cette opération survient quelques jours seulement après un premier coup de filet qui a conduit à l'interpellation de 19 personnes et à la saisie d'armes de guerre.

Sur les 19 islamistes présumés arrêtés le 30 mars dernier, 17 ont été placés en garde à vue.

Treize d'entre eux ont été mis en examen dans la nuit de mardi à mercredi pour "association de malfaiteurs en vue de commettre un acte de terrorisme, acquisition, détention et transports d'armes", a-t-on appris de source judiciaire.

Neuf d'entre eux, membres présumés du groupe Forsane Alizza ("Les Cavaliers de la fierté"), dont son leader Mohamed Achamlane, ont été incarcérés, et quatre ont été laissés en liberté sous contrôle judiciaire, a-t-on appris de même source.

Plusieurs candidats à la présidentielle ont dénoncé ce qu'ils considèrent comme une "mise en scène" des arrestations.

Marine Pennetier avec Nicolas Bertin, Thierry Lévêque et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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