R. Doisneau
R. Doisneau © Radio France / R. Doisneau

Une popularité intacte, Doisneau dont on commémore toute l'année le centenaire de la naissance (il naît le 14 avril 1912 et s'éteint en 1994). On fait la queue devant l’Hôtel de Ville, à Paris, pour voir ou redécouvrir ses photos sur les Halles. Le marché des Halles qu’il photographie pour la première fois en 1933, à 21 ans puis régulièrement de 1953 à l’inauguration du forum des Halles en 1979. L'artiste fait de cet espace au pied de l’église Saint Eustache, un théâtre, dont il devine la disparition.

Le décor, d’abord : ce sont les pavillons Baltard qui le fascinent même quand ils sont abandonnés en 67 au profit du marché de Rungis et qu’ils cèdent la place à un trou béant après leur destruction. C’est donc un décor en mouvement qui change aussi selon les heures. Photos de nuit, photos de jour, travail sur la lumière.

R. Doisneau
R. Doisneau © Radio France /

Les acteurs de ce théâtre, ce sont les marchands en blouse, marchands de fleurs, de fruits, de viande (il faut voir les biches entassées au moment du gibier de Noël). Les acteurs sont aussi les glâneurs, vieillards ou pauvres qui se baissent pour collecter fruits et légumes tombés ou abandonnés. On perçoit clairement l’attachement de Doisneau aux « hommes à la dérive », selon son expression et sa colère quand ceux d’en haut décident de raser les Halles, en 75. Pas de nostalgie attendue, mais un regard acéré sur une société et un patrimoine perdus.

"Doisneau Paris les Halles", à l'Hötel de Ville de Paris, exposition gratuite jusqu'au 28 avril.

Le catalogue est publié chez Flammarion.

Stanislas Wazak propose un web documentaire sur le rapport de Doisneau aux Halles,

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