Il est arrivé discrétement hier matin au tribunal de Bordeaux. Il a passé la journée dans les sous-sols du tribunal puis est reparti douze heures après avec la statut de témoin assité dans dans l'enquête sur la fortune de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, qui aurait été en partie spoliée.

Nicolas Sarkozy échappe à la mise en examen et pourtant, le juge d'instruction Gentil a toujours des soupçons sur le rôle de l'ancien président qui a vu six fois l'ancien procureur en charge de l'affaire Philippe Courroye.

Le statut de témoin assisté

Selon Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy :

Il a le statut de témoin assisté après une longue audition

Dans un communiqué, le parquet a précisé ces affirmation :

Dans le cadre de l'information judiciaire suivie à raison de faits d'abus de faiblesse, d'abus de confiance aggravés, d'escroqueries aggravées au préjudice de Mme Liliane Bettencourt, les trois magistrats instructeurs co-saisis, ont recueilli l'audition de M. Nicolas Sarkozy [...] Au terme de cette audition, M. Nicolas Sarkozy s'est vu notifier le statut de témoin assisté

Le statut de témoin assisté, c'est quoi ? Par Franck Cognard

Ce statut hybride entre témoin simple et mis en examen signifie que Nicolas Sarkozy ne sera pas renvoyé devant le tribunal en fin d'information, s'il est maintenu d'ici là. Un changement de statut vers une mise en examen est procéduralement possible d'ici la fin de l'instruction, maiscette hypothèse apparaît comme peu probable.

Deuxième ex-chef d'Etat de la Ve République à être convoqué par la justice pénale après Jacques Chirac. L'ancien président nie toute malversation dans ce dossier qui a mis au jour de nombreux abus de la fortune de la milliardaire et permis de découvrir des retraits en espèces de quatre millions d'euros sur ses comptes suisses en 2007-2009.

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Deux retraits jugés supects

Ces retraits, notamment deux de 400.000 euros en 2007,n pourraient avoir servi à financer la campagne de l'ancien président en 2007, avec l'implication de tiers, comme l'ex-gestionnaire de fortune Patrice de Maistre, qui était membre du Premier cercle, club des donateurs fortunés de l'UMP, et l'ex-trésorier de l'UMP et ex-ministre du Budget Eric Woerth.

Les deux hommes sont mis en examen pour ces faits, mais l'implication de Nicolas Sarkozy suppose de recueillir des éléments le mettant en cause directement et personnellement.

Troisième fortune de France et 15e au monde avec environ 17 milliards d'euros, selon des classements de Challenges et Forbes, Liliane Bettencourt est en état de démence depuis 2006 au moins selon une expertise versée au dossier. Elle a été placée sous tutelle de sa famille en 2011.

Le juge Gentil a saisi les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, des agendas qui attestent l'existence d'une visite chez les Bettencourt le 24 février 2007, au moment d'un des retraits suspects. Nicolas Sarkozy admet l'existence de cette visite mais a expliqué dans les médias qu'il s'agissait d'un simple déplacement de courtoisie. Il estime que la validation de ses comptes de campagne par le Conseil constitutionnel prouve qu'ils étaient exempts de reproches.

Un carnet du photographe François-Marie Banier, ancien proche de la milliardaire, prête ces mots à l'héritière en 2007 :

De Maistre m'a dit que Sarkozy avait encore demandé de l'argent. J'ai dit oui.

Pour Noël Mamère, de lourds soupçons pèsent sur Sarkozy

D'autres coïncidences de dates sont relevées, notamment des rencontres entre Eric Woerth et Patrice de Maistre. Le juge se penche aussi sur une visite en 2008 de Liliane Bettencourt et Patrice de Maistre à l'Elysée, puis de Patrice de Maistre seul, au moment d'autres retraits de plusieurs millions.

Pour Claude Guéant, Sarkozy a été convaincant

### Une procédure longue, très longue... Le bureau de Nicolas Sarkozy et son domicile ont été perquisitionnés l'été dernier. Des proches, Philippe Courroye, l'avocat Thierry Herzog, l'ancien secrétaire général de l'Elysée Xavier Musca et son ex-conseiller pour la justice Patrick Ouart, ont été entendus comme témoins à propos d'éventuelles pressions exercées sur la justice. Les enregistrements de conversations effectués au domicile de Liliane Bettencourt par son majordome de 2009 à 2010 ont montré que l'Elysée a été informé des avancées de l'enquête initiale du procureur de Nanterre Philippe Courroye, dessaisi en 2010. Retiré de la politique, Nicolas Sarkozy donne des conférences mais un retour pour la présidentielle de 2017 est possible. D'autres affaires le menacent. Longtemps intouchable en justice, le personnage du chef d'Etat français est tombé de son piédestal le 15 décembre 2011 avec la condamnation de Jacques Chirac à deux ans de prison avec sursis pour des détournements de fonds publics commis dans les années 1990, quand il était maire de Paris. ### Retour sur les faits
L'affaire Bettencourt
L'affaire Bettencourt © Idé / Idé
ces retraits, notamment deux de 400.000 euros en 2007,pourraient avoir servi à financer la campagne de l'ancienprésident en 2007, avec l'implication de tiers, commel'ex-gestionnaire de fortune Patrice de Maistre, qui étaitmembre du Premier cercle, club des donateurs fortunés de l'UMP,et l'ex-trésorier de l'UMP et ex-ministre du Budget Eric Woerth. Les deux hommes sont mis en examen pour ces faits, maisl'implication de Nicolas Sarkozy suppose de recueillir deséléments le mettant en cause directement et personnellement. Troisième fortune de France et 15e au monde avec environ 17milliards d'euros, selon des classements de Challenges etForbes, Liliane Bettencourt est en état de démence depuis 2006au moins selon une expertise versée au dossier. Elle a étéplacée sous tutelle de sa famille en 2011. Le juge Gentil a saisi les comptes de campagne de NicolasSarkozy en 2007, des agendas qui attestent l'existence d'unevisite chez les Bettencourt le 24 février 2007, au moment d'undes retraits suspects. Nicolas Sarkozy admet l'existence de cette visite mais aexpliqué dans les médias qu'il s'agissait d'un simpledéplacement de courtoisie. Il estime que la validation de sescomptes de campagne par le Conseil constitutionnel prouve qu'ilsétaient exempts de reproches. Un carnet du photographe François-Marie Banier, ancien prochede la milliardaire, prête ces mots à l'héritière en 2007 : "DeMaistre m'a dit que Sarkozy avait encore demandé de l'argent.J'ai dit oui". D'autres coïncidences de dates sont relevées, notamment desrencontres entre Eric Woerth et Patrice de Maistre. Le juge se penche aussi sur une visite en 2008 de LilianeBettencourt et Patrice de Maistre à l'Elysée, puis de Patrice deMaistre seul, au moment d'autres retraits de plusieurs millions.
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