ouverture du procès de six militaires impliqués dans la fusillade de carcassonne
ouverture du procès de six militaires impliqués dans la fusillade de carcassonne © reuters

Six militaires ou ex-militaires sont jugés à partir de mercredi à Montpellier pour la fusillade qui avait fait 16 blessés civils dans une caserne de Carcassonne (Aude) en 2008, après une confusion entre balles "à blanc" et balles réelles.

Le 29 juin 2008, à l'occasion d'une journée "portes ouvertes", un sergent du 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) avait ouvert le feu en direction du public, blessant 16 personnes dont cinq enfants.

Le tireur, aujourd'hui âgé de 33 ans, et cinq autres prévenus, dont le chef du régiment, comparaissent devant un tribunal correctionnel pour "blessures involontaires". Les débats devraient durer jusqu'à vendredi.

Le tireur, le sergent Nicolas Vizioz, a été révoqué de l'armée sans droit à pension en décembre 2008. Il encourt deux ans d'emprisonnement devant le tribunal correctionnel.

Son avocat, Me Jean-Robert NGuyen Phung:

Dès la première minute, il a assumé avec un raisonnement de soldat: "C'est mon arme qui a tiré, il n'y a aucun autre responsable que moi et je ne vais pas désigner d'autres responsabilités." Il assume mais ne s'explique pas.

Mercredi matin, l'audience a commencé avec l'audition de l'ex-sergent Nicolas Vizioz. L'ex-militaire assume : "je suis fautif'. Il estime même que si "certaines victimes le pardonnaient", lui "n'aurait jamais pardonné au sergent Vizioz" s'il avait été à leur place.

Ecoutez le récit de Franck Cognard.

L'ancien président Nicolas Sarkozy s'était rendu sur place le lendemain des faits, dénonçant des "négligences inacceptables" et promettant des sanctions. Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Bruno Cuche, avait démissionné dans la foulée. _Ecoutez le témoignage de Julie Gayrard qui a fait partie des blessés les plus graves_
Pour Me Hervé Gerbi, avocat de parties civiles: > Ce qu'on craint, (...) c'est que les anciens militaires ne reportent l'entière responsabilité sur Vizioz, disent que finalement il s'est trompé avec un chargeur d'une précédente opération, et éludent totalement le reste. Même si la hiérarchie n'est pas le tireur, leur faute est suffisamment grave pour être traitée au même degré que le tireur. Sans cette permissivité, il n'y aurait pas eu l'erreur de Vizioz. L'instruction a révélé que les spectateurs avaient été imprudemment placés dans l'axe du champ de tir de certains des militaires en démonstration. Quelques 5.200 munitions de guerre grapillées au fil des années étaient par ailleurs irrégulièrement stockées dans un local du RPIMa afin de fournir des balles supplémentaires aux soldats lors des exercices, sans passer par la lourde procédure d'approvisionnement. L'ex-chef du régiment, le colonel Frédéric Merveilleux du Vignaux, espère de son côté que l'audience lui permettra de "répondre aux questions des familles". Selon son avocat, Me Alexis Gublin: > Le dysfonctionnement est manifeste, c'est quelque chose qui n'aurait jamais dû arriver. C'est la raison pour laquelle le colonel du Vignaux se considère comme moralement et humainement responsable de ce qui s'est passé, ce qui ne veut pas dire que nécessairement sa responsabilité pénale sera retenue, ça c'est à la juridiction de l'apprécier. Figurent également parmi les prévenus l'adjoint du chef de corps, deux autres supérieurs de Nicolas Vizioz et l'officier chargé d'organiser les démonstrations lors de la journée "portes ouvertes".
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