Le déclin sur le thème "C'était mieux avant" est d'abord porté par les anciens mentors du pouvoir américain qui constatent dans leurs écrits le déplacement du centre de gravité de la Terre. d'Ouest en Est. La faute aux problèmes économiques (dette, infrastructures en jachères, système éducatif défaillant), errements d'une politique étrangère qui ont terni sa crédibilité et dans le même temps l’essor des puissances émergentes.

Cette analyse on la retrouve aussi bien chez les Démocrates. Zbiginiew Brzesinski , ex conseiller à la sécurité du président Carter . Strategic Vision : America and the crisis of global power que chez les Républicains. Pat Buchanan, ex mentor de Nixon et Reagan : Suicide of a superpower : Will America survive ?

Ne pas croire pour autant que c'est un sentiment nostalgique générationnel. Des plus jeunes évoquent aussi ce déclin. Ariana Huffington fondatrice du post « l’Amérique qui tombe », Thomas Friedman , éditorialiste du NY Times, ou l’historien Morris Berman.

Où va l'Amérique
Où va l'Amérique © Radio France / Baker Street

Le déclin est tout sauf une idée neuve aux USA. A la fin des années 50, l’affirmation des ambitions militaro spatiales russes avec le lancement deSpoutnik laissaient entendre que les USA avaient perdu la guerre froide.

Fin 70 début 80, le Japon en plein décollage industriel envahit l’Amérique avec ses voitures, ses produits high tech et sa culture. Les studios Columbia rachetés par Sony choque l’Amérique. Mitsubishi s’offre Rockfeller au cœur de New York. Fin des années 80 les Japonais ont acquis 20 milliards d’actifs. Pas de doute, à l'époque, on pensait que les USA allaient être balayés par l’Empire du soleil levant, alors qu’en fait, les Japonais étaient à l’aube d’une récession

Dans les deux cas, l’Amérique a su rebondir. Kennedy en 60, Reagan dans les années 80.

Aujourd'hui, la crise est plus profonde. Depuis le 11 septembre 2001, l’idée de déclin entre crise économique et internationale ne cesse d’amplifier ? Le prochain président doit y mettre un terme. C’est ce que lui demande les américains.

L’économiste Paul Krugman , professeur à Princeton et chroniqueur du NY Times (avant qu’il ne soit prix Nobel) n’a cessé de 2003 de tirer le signal d’alarme. Ses articles réunis dans un livre « The Great Unraveling » traduit en français sous le titre «L’Amérique dérape ».

L’auteur insiste sur le décalage entre l’accroissement de la richesse globale et les temps difficiles vécus par la classe moyenne, l’âme du pays. Bien sur Yahoo, Google avaient révolutionné Internet. L’ipod d’Apple et le caffè latte de Starbucks sont en passe de conquérir le monde, les séries américaines s’exportent partout et engrangent les dollars, mais au profit de qui au fond ?

Paul Krugman utilise une métaphore pour décrire ce contraste : Ces années peuvent être baptisées. « Bill Gates entre dans un bar ». Quand Bill Gates entre dans un bar, la richesse moyenne de la clientèle monte en flèche, mais ceux qui étaient dans le bar avant qu’il n’entre ne sont pas plus riches.

C’est pourquoi les économistes qui s’efforcent de cerner la situation du pays ne parlent pas du revenu moyen mais du revenu median , celui qui est plus riche de la moitié de la population et plus pauvre de l’autre. A l’inverse du revenu moyen, le revenu median ne monte pas en flèche quand Bill Gates entre dans le bar. Or ce revenu median ne cesse de chuter depuis dix ans. Vulnérabilité des classes moyennes et des working poor

Bien sur l’American Way of life continue de faire rever des millions de gens à travers la planète, via les films et séries télés (surtout Chine, Inde & Brésil).

Le niveau de vie des Américains reste confortable. Mais les Américains ne comparent pas leur situation à celle des autres mais avec ce qu’était leur vie avant. Et ils ont majoritairement le sentiment que leur situation personnelle s’aggrave.

Echos d'ailleurs sur Twitter : @EricValmir



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