C'est une nouvelle obligation. À compter d'aujourd'hui vendredi 1er mars, les entreprises françaises de plus de 1 000 salariés doivent publier leur score sur 100, obtenu à l'issue d'une batterie de tests. Il s'agit du nouvel "index" gouvernemental pour l'égalité salariale entre les femmes et les hommes.

Au sein de la DRH de l'entreprise, Catherine Roux et Jean-Yves Lattre ont travaillé à l'élaboration du score de Nexter en matière d'égalité salariale selon les critères du nouvel index.
Au sein de la DRH de l'entreprise, Catherine Roux et Jean-Yves Lattre ont travaillé à l'élaboration du score de Nexter en matière d'égalité salariale selon les critères du nouvel index. © Radio France / Claire Chaudière

Même si des sanctions financières sont en jeu, ce nouvel indicateur est important "surtout pour l'image de l'entreprise, tant en interne qu'en externe" explique Jean-Yves Lattre responsable égalité des chances chez Nexter, groupe industriel dans le secteur de l'armement. 

Un score de 89/100 chez Nexter, 94/100 chez Sanofi

Ici, on se prépare depuis plusieurs semaines à cette nouvelle obligation. Des milliers de données salariales et d'évolution de carrière ont été compilées puis passées à la moulinette du nouvel outil de mesure des inégalités, un gros tableur Excel. Résultat : un score qui frôle les 90 points sur 100 et dont se félicite Nexter.

Nous n'avons aucune femme dans les 10 plus hautes rémunérations, ce qui nous fait perdre 10 points d'office. Cet indicateur est très ambitieux pour une société historiquement très masculine comme la nôtre.          
- Catherine Roux adjointe au DRH chez Nexter.

L'entreprise obtient la note maximale en matière de promotions féminines, ainsi qu'au chapitre des augmentations salariales légales lors des retours de congé maternité. Une note de 39/40 enfin sur le principal critère d'évaluation : l'égalité salariale à poste et âge équivalent. "Depuis plusieurs années, nous corrigeons systématiquement tous les écarts de plus de 5 % à poste égal sur les tranches d'âge équivalentes. Nous n'étions donc pas très inquiets", explique Jean-Yves Lattre. 

Autre exemple, dans l'industrie pharmaceutique cette fois, le groupe Sanofi Aventis obtient 94 points sur 100, grâce à une meilleure note sur le 5ème critère : le nombre de femmes dans les dix plus hautes rémunérations. Résultat : 5 points sur 10. 

Eric Brune secrétaire général de la CGT Nexter regrette que ce nouvel indicateur ne soit pas plus ambitieux.
Eric Brune secrétaire général de la CGT Nexter regrette que ce nouvel indicateur ne soit pas plus ambitieux. © Radio France / Claire Chaudière

Un index suffisamment exigeant ?

Tout en saluant la note globale plus qu'honorable de son entreprise, Eric Brune secrétaire général de la CGT chez Nexter s'interroge sur le degré d'exigence du nouvel Index. "Sur certaines catégories comme les promotions de femmes, je me demande comment on peut avoir 15/15, y compris dans les usines où les managers sont massivement des hommes et où cela ne bouge pas beaucoup ! Le fait de se focaliser sur les écarts strate par strate dans l'entreprise donne un résultat incomplet. Les objectifs pourraient être bien plus exigeants."

Même dans les segments les plus féminins de l'entreprise comme le département des finances, les plus hautes responsabilités sont occupées par des hommes. 

Les 1.400 premières entreprises (de plus de 1.000 salariés) concernées ont jusqu'à ce soir minuit pour publier leur score. On connaîtra dans le courant de la semaine prochaine les taux de très bons et de très mauvais élèves. 

Pour information, sachez que le résultat obtenu par Radio France est de 73/100.

Les entreprises de plus de 250 salariés ont, elles, jusqu'à septembre prochain pour publier leurs résultats.

Des sanctions financières pouvant atteindre 1 % de la masse salariale sont prévues pour les sociétés qui auraient un score inférieur à 75/100 et n'arriveraient pas à corriger le tir dans un délai de 3 ans.

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