Alors que la presse Egyptienne, annonce que Mohamed Morsi va autoriser l'armée à arrêter des civils et à assister la police dans le maintien de l'ordre en Egypte -ce qui revient à promulguer la loi martiale-, le communiqué de l'armée égyptienne lu à la télévision publique résonne comme un coup de semonce : "Les forces armées affirment que le dialogue est la meilleure et la seule voie pour parvenir à un consensus".

"L’armée ne tolérera aucune violence" dit le communiqué qui "exhorte l'ensemble des responsables politiques au dialogue".

Dans la déclaration lue à l'antenne de la télévision publique, un porte-parole militaire précisé que "L'inverse nous précipitera dans un tunnel sombre (...) ce que nous ne tolérerons pas."

Au Caire, Vanessa Descouraux

Un troisième acteur entre dans la partie.

Les pro en anti Morsi en sont plus seuls, donc, à disputer la partie autour des réformes contestées initiées par le président Morsi. Hier, le chef de l'Etat s'était dit disposé à repousser le référendum prévu le 15 décembre sur la constitution, si l'opposition garantit qu'elle ne mettra pas en cause le chef de l'Etat au motif que le scrutin doit se tenir, selon la loi, deux semaines après la présentation du texte au président. Une ouverture refusée par l'opposition. Et refusée aujourd'hui par les Frères musulmans.

Les Frères musulmans, ainsi que d'autres groupes islamistes égyptiens, ont insisté pour que le référendum sur le projet de constitution ait bien lieu comme prévu le 15 décembre, malgré les demandes de report ou d'annulation lancées par l'opposition. Un porte-parole de la coalition islamiste au pouvoir au Caire a souligné lors d'une conférence de presse que ce référendum devait être organisé "sans amendements ni délai".

Les manifestants qui avaient forcé vendredi les cordons de sécurité pour atteindre les portes du palais présidentiel s'étaient pour la plupart dispersés samedi. Seul restait sur place un petit groupe déterminé.

Les chars de la Garde républicaine portaient encore des inscriptions "A bas Morsi" inscrites à la peinture.

Vendredi, quelque 10.000 manifestants s'étaient rassemblés à proximité du palais présidentiel pour conspuer Mohamed Morsi, alors que les Frères musulmans organisait parallèlement les funérailles de six de ses membres tués dans les heurts qui ont éclaté ces derniers jours aux abords du palais présidentiel entre pro et anti-Morsi.

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