Bureau de vote de Bani Sweif, à 100 kms du Caire
Bureau de vote de Bani Sweif, à 100 kms du Caire © Reuters / Stringer .

Les opérations de vote ont été prolongées samedi de quatre heures en Egypte pour le secondjour du référendum sur un projet de Constitution, défendu par les islamistes, soutiens du président Mohamed Morsi, et combattu par l'opposition laïque et chrétienne.

Des estimations indépendantes devraient être données dans la soirée, même si les résultats officiels ne devraient pas être annoncés avant lundi par la commission électorale.

La victoire du "oui" ne fait guère de doute puisque la seconde journée de vote a lieu dans des régions rurales acquises aux islamistes, alors que 57% des électeurs se sont déjàprononcés le 15 décembre pour la Constitution, selon des estimations non officielles.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont néanmoins dénoncé des fraudes et de nombreuses irrégularités, comme l'inscription d'électeurs fictifs ou une ouverture tardivede certains bureaux de vote.

Le Front de salut national (FSN), la principale coalition d'opposants, a exigé un nouveau scrutin, mais la commission chargée d'enquêter sur les irrégularités n'a pas constaté de fraudes importantes.

Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), l'émanation des Frères musulmans dont est issu Mohamed Morsi, affirment que l'adoption de la Constitution est nécessaire pour entériner la victoire de la démocratie, à la suite de la révolution qui a chassé du pouvoir l'ancien président Hosni Moubarak en février 2011.

Reportage en périphérie du Caire de Vanessa Descouraux

Des élections législatives d'ici deux mois

deuxième jour de référendum en égypte sur la constitution
deuxième jour de référendum en égypte sur la constitution © reuters

L'opposition dénonce de son côté un texte trop influencé par l'islam et qui ne protégerait pas assez les droits des femmes et des minorités comme les chrétiens coptes.

Le texte prévoit que les principes de la "charia" (loi coranique) demeurent la principale source de la législation, mais leur définition reste vague, ce qui inquiète particulièrement les responsables coptes qui craignent de se voir imposer les préceptes musulmans.

"Je vote 'non' parce que l'Egypte ne peut être dirigée par un seul parti", a expliqué Karim Nahas, un courtier de 35 ans, en se rendant aux urnes dans la province de Gizeh.

Si la Constitution est adoptée, des élections législatives auront lieu d'ici deux mois, et si elle est rejetée, une nouvelle Assemblée constituante devra être constituée pour rédiger un autre texte.

Si les opposants paraîssent se résigner à l'adoption du texte, ils annoncent déjà le retour des troubles qui ont agité le pays entre la fin novembre et le début du vote.

Au moins huit personnes ont été tuées au cours d'affrontements entre islamistes et opposants, déclenchés par la publication le 22 novembre d'un décret, depuis largement abrogé, par lequel Mohamed Morsi étendait considérablement ses pouvoirs.

"Je m'attends à de nouveaux affrontements", a déclaré Ahmed Saïd, chef de file du Parti des Egyptiens libres, l'une des composantes du FSN. "Les gens ne vont pas accepter la manière dont (Mohamed Morsi et ses alliés) gèrent la situation."

De nouveaux heurts ont éclaté vendredi entre les islamistes et leurs opposants à Alexandrie, la deuxième ville du pays, où deux bus ont été incendiés et où la police a fait usage de gaz lacrymogène pour séparer les militants de deux camps qui se lançaient des pierres.

Le vice-président démissione

Le vice-président égyptien Mahmoud Mekky a par ailleurs démissionné de son poste, a annoncé samedi sans explication une source à la présidence. Il a expliqué que sa qualité de magistrat ne lui permettait pas de remplir correctement ses fonctions auprès du président Mohamed Morsi.

Dans un courrier, rendu public par la présidence, Mahmoud Mekky précise qu'il avait déjà remis sa démission le 7 novembre, mais l'a ensuite reportée en raison du rôle de médiateur joué par l'Egypte au cours du conflit dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas.

Mahmoud Mekky a également été l'un des principaux organisateurs du "dialogue national" voulu par la présidence pour apaiser les troubles provoqués par le décret du 22 novembre par lequel Mohamed Morsi étendait considérablement ses pouvoirs.

Les principaux opposants ont cependant refusé de se rendre à ces négociations. Pour MahmoudMekky :

La nature du travail politique ne correspond pas à (mon) expérience professionnelle en tant que juge.

Mohamed Mekky avait auparavant déclaré qu'il démissionnerait après l'adoption du projet de Constitution, sur lequel les Egyptiens se prononcent aujourd'hui au cours d'une deuxième etultime journée de référendum, et qui ne prévoit pas de poste de vice-président.

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