PARIS (Reuters) - Le groupe de travaux publics Eiffage n'a pas bénéficié et n'était pas au courant des agissements présumés de son cadre mis en examen dans l'affaire de proxénétisme de Lille, dit son directeur général Pierre Berger dans le Journal du Dimanche.

David Roquet, qui dirigeait une filiale d'Eiffage dans le Nord-Pas-de-Calais, est accusé d'avoir organisé des déplacements de prostituées en France, en Belgique et aux Etats-Unis, notamment pour Dominique Strauss-Kahn, et de les avoir présentées en notes de frais à son groupe.

Selon Pierre Berger, un audit interne révèle que ces pratiques ont coûté 50.000 euros au groupe depuis 2009.

David Roquet assure que son entreprise était au courant et qu'elle l'utilisait comme bouc émissaire.

"Il y a entre David Roquet et moi trois échelons hiérarchiques. Les échelons intermédiaires interrogés ont confirmé qu'ils ne savaient pas", dit au JDD le patron du groupe de travaux publics.

"Il y a eu défaillance dans le contrôle de ses notes de frais et de ses dépenses", accuse Pierre Berger. "Les cosignataires qui ont visé ces dépenses litigieuses seront naturellement sanctionnés."

David Roquet a déjà été mis à pied de même que son supérieur hiérarchique à la direction régionale du groupe.

Eiffage s'est porté partie civile dans l'enquête.

Pierre Berger affirme que le réseau entretenu par David Roquet dans la région n'a pas aidé l'entreprise à décrocher des marchés, notamment celui du futur stade de Lille.

"Il gère une trentaine de millions sur les 14 milliards du groupe. C'est une activité locale. Il ne s'est jamais occupé du Grand Stade de Lille", explique Pierre Berger.

Dans cette affaire de proxénétisme, huit personnes sont mises en examen - trois responsables de l'hôtel Carlton de Lille, trois entrepreneurs dont M. Roquet, un commissaire de police et un avocat lillois. Cinq sont incarcérées.

Clément Guillou

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