Emmanuelle et mai 68 Emmanuelle Béart avait deux ans en 68. Elle était donc parfaitement qualifiée pour lire un texte de Maris (le samedi 10 mai, à 21 heures) à l’Odéon, lieu mythique s’il en fut. Ce n’est pas un texte sur 68. Sur 68 l’un des meilleurs textes –pour moi- est « Hommage à la Catalogne » d’Orwell, qui fait ressentir la magie de la révolution à Barcelone. Pour qu’un type comme Orwell s’engage dans les brigades du POUM, où des commissaires politiques lui font la leçon en catalan, il fallait bien que Barcelone 36 fut une situation surréaliste ressemblant à Mai 68. Une situation de gaité, de fraîcheur, de bonne humeur, de découverte, d’humour, de sensualité à mille lieux des rotomontades bolcheviques ou anti-bolcheviques assénées à la matraque de bois pour les trots, les anars, les maos et les autres, qui ont tous fini comme July avec le cigare. Mai 68, ou le bavardage infini. Mai 68, ou la liberté totale. Ou la fin du pouvoir. Kafka déinscarcéré. En juin 68, nous sommes partis avec des copains dans le Massif du Caroux, faire de la grimpette. Puis à Cadaquès. Bref. Le texte lu par Emmanuelle n’était pas sur 68, mais sur les « Cigales et les fourmis » et la langue de bois économique. Pourquoi sommes-nous prisonniers de la vie ? Pourquoi sommes-nous prisonniers d’une vie où le capitalisme nous tue, de façon assez brutale d’ailleurs ? Avec le recul, je pense que le capitalisme est diabolique : la preuve, les Glucksman, ces maos qui en sont à clamer que Sarko est situationniste (sic, sur Inter). Le capitalisme est diabolique est pervers (ce qui un peu la même chose). Voilà ce que j’aimerais creuser dans un bouquin ! J’ai déjà posé la question à des potes : qu’est ce que le mal ? Oui, qu’est ce que le mal ? Arriver à 60 balais et tout à coup se poser la question : qu’est ce que le mal ?

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