Près de deux mois après le coup d’État militaire en Birmanie du 1er février dernier, qui a renversé le gouvernement dans lequel officiait Aung San Suu Kyi, le cap des 500 civils tués a été franchi selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Ces derniers jours ont été particulièrement sanglants.

Les funérailles de trois civils célébrées dans la ville de Monywa en Birmanie, le 29 mars 2021
Les funérailles de trois civils célébrées dans la ville de Monywa en Birmanie, le 29 mars 2021 © AFP / HANDOUT / AFP / FACEBOOK

Plus de 500 civils ont été tués en Birmanie depuis le coup d'État mené par l'armée le 1er février, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques. "Nous avons confirmé 510 décès", précise l’ONG. L'armée, qui contestait le résultat des élections de novembre remportées massivement par le parti d'Aung San Suu Kyi, avait alors renversé le gouvernement en place et soumis le pays à une nouvelle dictature militaire. L'ex-prix Nobel de la Paix a été inculpée début février puis elle a été placée en détention. Face à cela, la résistance de la population s'est organisée aux rythmes des klaxons puis des bruits de casseroles aux fenêtres avant de descendre dans la rue lors de nombreuses manifestations. 

Une importante manifestation à Monywa en Birmanie contre le coup d'État militaire
Une importante manifestation à Monywa en Birmanie contre le coup d'État militaire © AFP / HANDOUT / FACEBOOK / AFP

Depuis près de deux mois, la réponse de l'armée est de plus en plus violente. Elle tente de réduire au silence l'opposition. Un nouveau stade a été franchi en Birmanie où 110 personnes ont été tuées samedi dont sept mineurs. Il s'agit du week-end le plus meurtrier depuis le coup d'État. L'Association d'assistance aux prisonniers politiques craint d’ailleurs que ce bilan ne soit "probablement plus élevé" en raison des centaines de personnes portées disparues suite aux arrestations.

Les funérailles d'un civil tué par les balles de l'armée au cours d'une manifestation contre le coup d'État, le 29 mars 2021
Les funérailles d'un civil tué par les balles de l'armée au cours d'une manifestation contre le coup d'État, le 29 mars 2021 © AFP / STR / AFP
La population birmane lève trois doigts en signe de résistance face à la dictature militaire, le 29 mars 2021
La population birmane lève trois doigts en signe de résistance face à la dictature militaire, le 29 mars 2021 © AFP / HANDOUT / FACEBOOK / AFP

Ces derniers jours, les funérailles des victimes de la répression ont rassemblé une foule compacte. Au milieu des portraits de ces hommes et femmes tombés sous les balles de la junte, une grande majorité de Birmans ont salué les cercueils avec trois doigts levés, le symbole de la résistance dans le pays depuis la prise de pouvoir par l’armée. 

Le portrait d'une victime de la répression militaire en Birmanie
Le portrait d'une victime de la répression militaire en Birmanie © AFP / HANDOUT / AFP / FACEBOOK
Le cercueil d'un civil tué par l'armée birmane au cours d'une manifestation, le 29 mars 2021
Le cercueil d'un civil tué par l'armée birmane au cours d'une manifestation, le 29 mars 2021 © AFP / HANDOUT / AFP / FACEBOOK

Malgré ce lourd bilan de 510 civil tués depuis le coup d'État militaire du 1er février, les manifestations de protestations ne s'arrêtent pas en Birmanie. Des appels à "une grève des ordures" ont été lancés mardi dans le pays pour demander aux habitants de jeter leurs poubelles dans la rue afin de les bloquer. La crainte d'une guerre civile généralisée est désormais forte. Les factions rebelles armées menacent de rejoindre la contestation anti-junte si le bain de sang se poursuit.

Les manifestants lèvent trois doigts en signe de résistance face à répression de l'armée en Birmanie
Les manifestants lèvent trois doigts en signe de résistance face à répression de l'armée en Birmanie © AFP / HANDOUT / AFP / FACEBOOK
Les derniers instants de recueillement devant le cercueil d'une victime de la répression militaire en Birmanie
Les derniers instants de recueillement devant le cercueil d'une victime de la répression militaire en Birmanie © AFP / STR / AFP

Les militaires restent sourds aux multiples condamnations internationales. La France part la voix de son ministre des Affaires étrangères a dénoncé lundi "la violence aveugle et meurtrière" du régime et exigé la libération de "tous les prisonniers politiques". Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira mercredi à huis clos pour étudier la situation en Birmanie.