Avant ce quart de finale, le "twitto" Chabal pronostiquait un score de 18-15 pour les Bleus, soit un match étriqué, "à l'ancienne", un combat. La clairvoyance l'habitait, puisqu'à l'arrivée, on a un 19-12, conquis de haute lutte par des Français qui même battus, auraient pu quitter l'Eden Park d'Auckland la tête enfin haute. Les "valeurs" sont nécéssaires (pas toujours suffisantes) pour s'imposer dans ce jeu, même s'il a beaucoup changé en un siècle. Et on pouvait les lire dans les yeux des Bleus: pendant les hymnes, non la Marseillaise, mais le God save the Queen ;dans l'attitude des joueurs de la troisième ligne après la troisième agression dont avait été victime le jeune et léger Morgan Parra: le capitaine anglais Moody ne s'est sûrement pas entaillé le visage par hasard à ce moment là ;dans l'application mise par la première ligne française à laminer son homologue (de sacrés clients pourtant!) qui se relevait un peu plus lentement après chaque mêlée.

Ils ont dû s'en dire des choses pendant une semaine ces joueurs, identiques dans leurs corps, métamorphosés de l'intérieur. Baladés naguère par des joueurs tongiens dont certains évoluent en Fédérale, on les a retrouvé ce matin concassant des Anglais déboussolés pour s'offrir une nouvelle semaine de rêve bleu.

Samedi prochain, les gallois proposeront leur jeunesse et leur fougue. Samedi sera un autre jour. Mais si l'entraineur Lièvremont est malin, et c'est probable, il va continuer à laisser ce groupe se gérer et s'exprimer seul. Ses meneurs s'épanouir enfin. Ce sera sans doute son plus grand mérite de manager.

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