Par la suite, El-Assir sert d’intermédiaire entre la France et le Maroc. Les services secrets français et américains le soupçonnent, à l’époque, de servir de « prête-nom » à des « activités illégales (ventes d’armes et de drogues) » et de « blanchiment de capitaux. » Abdul Rahman El-Assir se présente également comme « lobbyiste » pour Dassault au Pérou, ainsi que pour Airbus en Arabie Saoudite.

[Avec Ben Moussalem] nous avons, par exemple, réussi à introduire des sociétés françaises dans des opérations avec le Maroc, financées par l’Espagne. Autre exemple, le Roi Hassan II du Maroc, à la demande des autorités françaises qui souhaitaient lui vendre des avions Mirage 2000, m’a demandé d’examiner le dossier impliquant un financement par l’Arabie Saoudite. Dassault m’avait rémunéré, en 1986, pour maintenir un contrat de vente de Mirage 2000 au Pérou, contrat contesté par le nouveau président Garcia [NDLR : une enquête a été ouverte à ce sujet].

J’ai réussi à négocier le maintien du contrat pour la moitié des 24 avions du contrat initial. Mon idée était d’essayer de vendre ou de revendre l’autre moitié au Maroc. Nonobstant une rencontre de haut niveau à Paris, cette affaire n’a pas pu être conclue en raison de l’attitude de Dassault.

Mirage 2000
Mirage 2000 © Radio France

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« A la fin des années 80, la Saudi Airlines souhaitait acquérir des avions de ligne. Les sociétés Boeing et Airbus étaient en compétition. Avec Sheikh Ali Ben Moussalem, j’ai obtenu un contrat de commission de la part de Airbus. Les hostilités de la première guerre du Golfe [août 1990-février 1991] ont débuté à la fin des années 1990. J’imagine que cela a contribué au fait que le gouvernement saoudien, sur décision du roi Fahd qui contrôlait toutes les dépenses de l’Etat supérieures à 10 millions de dollars, a choisi Boeing. »

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