Autrefois, mon professeur de théâtre Ary Auberger ne cessait de conseiller à sa petite troupe d’adolescents pressés de ne jamais confondre vitesse et précipitation. Certainement est-il revenu dans la nuit délivrer son précieux message au Gouvernement.

Quelques heures après l’annonce de l’assassinat du Président de la Chambre de Commerce d’Ajaccio hier soir, nos ministres de l’Intérieur et de la Justice ont donc été sommés par leur Premier de décoller sur le champ afin d’annoncer au plus vite le lendemain matin des mesures urgentes pour la Corse.

Un tweet de mon confrère du service politique de France Inter Cyril Graziani nous l’apprenait à 22h55, alors que Manuel Valls et Christiane Taubira étaient certainement déjà à bord des avions du gouvernement. Puis à 23h22, les services de communication des deux ministères invitaient les journalistes à les rejoindre pour une conférence de presse dès 10h le lendemain. Problème : le premier avion au départ de Paris et à destination d’Ajaccio ne décolle pas avant 9h35 pour un atterrissage prévu à 11h.

Et c’est là qu’en pleine nuit, mon cher metteur en scène Ary est apparu de je-ne-sais-où. Car après avoir imploré en vain Tweeter de me trouver au plus vite un jet privé (et bon marché) pour m’emmener en Corse, c’est à 1h39 que le problème fut résolu. Par la raison. Un « communiqué rectificatif » des Ministères nous apprenait que la conférence était décalée à 11h30. L’angoisse de la salle vide, certainement, l’emportait sur la nécessité de réagir au plus vite, la vitesse l’emportait sur la précipitation. Merci Ary.

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