Les agriculteurs et les associations environnementales se disputent la réécriture d'un arrêté sur les conditions d'épandage des pesticides.

L'arrêté ministériel sur l'épandage des pesticides est en cours de réécriture (photo d'illustration)
L'arrêté ministériel sur l'épandage des pesticides est en cours de réécriture (photo d'illustration) © Maxppp / Julio Pelaez

A la demande de l'Association nationale des producteurs de pommes et de poires, le Conseil d'Etat a annulé en juillet l'arrêté ministériel du 12 septembre 2006 encadrant l'utilisation des pesticides sur le territoire national, au motif qu'il n'avait pas été soumis à la Commission européenne pour avis. Ce texte, qui sera caduc le 7 janvier prochain, stipulait que "des moyens appropriés" devaient être mis en oeuvre "pour éviter l'entraînement (des pesticides) hors de la parcelle ou de la zone traitée".

Mais en parvenant à faire annuler cet arrêté ministériel, les producteurs ont ouvert la boîte de Pandore. Puisqu'un nouveau texte est en cours de réécriture, les associations de protection de l'environnement veulent en profiter pour durcir les conditions d'épandage. Aujourd'hui, un agriculteur doit respecter un périmètre de cinq mètres sans pesticides autour des habitations et des cours d'eau. Les défenseurs de l'environnement réclament, elles, un périmètre de cinquante mètres. C'est ce qu'on appelle une zone tampon, où les agriculteurs ne peuvent pas traiter.

Cette demande des associations est inimaginable selon Eric Thirouin, responsable environnement à la FNSEA, la fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles : "Ça conduirait à retirer quatre millions d'hectares de la ferme France, et cette surface correspondrait à sept milliards d'euros de chiffre d'affaires en moins". Il reconnaît qu'il faut faire des efforts, "mais en respectant l'activité de chacun".

Jean-Claude Bévillard, de France Nature Environnement y voit quant à lui un enjeu de santé publique. Pour lui, il n'est pas possible de laisser perdurer une telle situation, alors que "les conséquences des pesticides sur la santé mais aussi sur la vie aquatique et du sol sont avérées et graves". On sait aujourd'hui qu'ils favorisent certaines maladies comme le cancer ou la leucémie.

Stéphane Le Foll tente de rassurer les agriculteurs et les militants de l'environnement

Face à la colère des agriculteurs, et à l'incompréhension des défenseurs de l'environnement qui dénoncent le manque de transparence autour de la réécriture de l'arrêté, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a pris la parole. Il a assuré, mercredi dernier, que les travaux de réécriture se faisaient dans le respect de l'environnement, de la santé des populations et du travail des agriculteurs. "Aujourd'hui, a-t-il expliqué, il y a des lignes directrices qui sont mises en place au niveau européen [...]. On va les respecter".

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