Journal intime 962 Traire la vache jusqu’à ce qu’elle meugle Le FMI et l’Europe vont sauver les banques irlandaises en grande difficulté. Merci le contribuable européen. « Le miracle irlandais… » Pas faux. L’Irlande était un pays très pauvre, de migrations (vers les Etats-Unis notamment) et depuis son adhésion à l’Europe, l’Irlande est devenue très riche, beaucoup plus riche que la France. A parité de pouvoir d’achat (en tenant compte de l’indice des prix dans chaque pays pour un même panier de marchandises et services indispensables) le revenu par tête est de 50% plus élevé en Irlande. Comment l’Irlande a-t-elle pu réaliser ce miracle ? En empochant les subventions européennes et en baissant symétriquement ses impôts, notamment les impôts sur les sociétés (12.5% en ce moment). Le gouvernement irlandais s’est comporté comme un escroc à la subvention. Il a fait au niveau du pays ce que font tous les jours les entreprises du CAC 40 qui se gavent de subventions pour délocaliser. Sauf que l’Irlande n’a pas délocalisé, mais a attiré les entreprises étrangères, en particulier anglaises et américaines. Gavées d’argent, les banques irlandaises se sont lancées dans orgie de crédits, qui ont fini dans la marmite des « subprimes » et autres crédits pourris. Lorsque les banques irlandaises se sont trouvées en faillite à la suite de la crise financière, le gouvernement a décidé de les sauver : 50 milliards d’euros le sauvetage. Déjà, au début de la crise, l’Irlande avait joué cavalier seul en annonçant qu’elle garantirait toutes les dettes des banques vis-à-vis des particuliers en espérant attirer les capitaux vers elle. Ca n’a pas suffit. Le gouvernement ayant sauvé les banques, il s’est retrouvé avec un déficit égal à 32% du PIB. De sorte que maintenant il faut sauver les sauveteurs. Exactement comme quand un type qui ne sait pas nager saute à l’eau pour en sauver un qui se noie. Y’avait un type à sauver, maintenant y en a deux. C’est le Fonds européen de stabilisation financière qui va servir de bouée et envoyer une vingtaine de milliards. Le FMI et d’autres banques européennes feront le reste. Peut-être la BCE rachètera t elle de la dette pourrie irlandaise, autrement dit lui donnera de l’argent frais. Pourquoi sauver ces saletés de banques irlandaises ? Parce que si elles plongent, c’est la City qui plonge. Les banques anglaises garantisse la dette irlandaise à hauteur de 192 milliards d’euros. Mais pourquoi alors ne pas laisser les anglais et les irlandais se démerder ? Après tout, les anglais ont voulu garder leur monnaie, pourquoi viennent ils réclamer à l’Europe ? Parce que malheureusement pour la zone euro, les banques allemandes sont plombées à hauteur de la même somme (192 milliards d’euros en Irlande). Si la banque irlandaise saute, c’est l’Europe qui saute. Inter : Vive les banques, à vas l’ISF Puisque le contribuable européen va raquer pour l’Irlande qui ne paye pas d’impôts, on pourrait s’attendre au moins à ce que l’Irlande augmente ses impôts ! Pas du tout, on déjà dit les Irlandais. C’est notre « modèle » qui est en cause ! Modèle ! Ah-ah ! A ta santé le modèle ! Piquer l’argent européen pour introduire des entreprises américaines, puis repiquer l’argent européen pour sauver les banques, chapeau le modèle ! Le cocu de contribuable français, après avoir payé pour l’Irlande va payer pour ses riches : Sarko a décidé de supprimer l’Isf et le bouclier fiscal. Faut dire que le bouclier avec ses 30 millions ristournés à la Bettencourt et son exonération pour le payement du RSA (le RSA est financé par une hausse de 1.1% sur les plus values mobilières et immobilières, donc tous les zozos qui sont au bouclier sont dispensés de payer) faisait un peu tache. Mais l’ISF rapportait dans 4 milliards, donc l’un dans l’autre Baroin va devoir trouver 3 milliards. Comme la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu est taboue, comme on ne touche pas aux droits de succession, comme on ne veut pas d’impôt progressif sur les plus values, et bien, comme d’habe, ce sont les classes moyennes qui vont raquer. « Traire la vache jusqu’à ce qu’elle meugle » (proverbe fiscal).

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