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Le principal suspect dans la mort du militant antifasciste Clément Méric a été mis en examen samedi soir pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, a-t-on appris de source judiciaire.

Ce sympathisant du mouvement d'extrême droite Troisième Voie, âgé de 20 ans et prénommé Esteban, avait été présenté à des juges dans la journée, après son déferrement au parquet dans la nuit de vendredi à samedi.

Le procureur de Paris avait ouvert plus tôt dans la journée une information judiciaire pour homicide volontaire à l'encontre de cet agent de sécurité, connu des services de police pour port d'arme.

"La violence des coups portés au cours de la scène est attestée par des nombreux témoins" et corroborée par les premières conclusions de l'autopsie, avait déclaré François Molins lors d'un point presse.

"Le décès n'est pas dû à un hématome qui aurait été causé par la chute par terre, mais (il) est dû aux traumatismes cranio-faciaux qui ont été occasionnés par les coups de poing qui ont été portés sur la victime", avait-il ajouté.

Le nombre de coups, la différence de carrure entre le suspect et la victime - qui mesurait 1m80 pour 66 kg -, de même que la suspicion de l'usage d'un poing américain avaient mené au choix du qualificatif d'homicide volontaire, avait-il expliqué.

Mais les juges ont finalement mis en examen Esteban pour coups mortels, ne retenant pas l'intention de donner la mort comme circonstance aggravante.

Ce suspect, dont le procureur a refusé de divulguer le nom de famille, a reconnu en garde à vue avoir porté deux coups au militant antifasciste, dont celui l'ayant fait tomber.

Un ami de Clément Méric a dit l'avoir vu porter un poing américain, pièce de métal dans laquelle on passe les doigts, et un autre témoin a dit qu'il avait un "objet brillant sur les mains". Deux poings américains ont été saisis à son domicile, mais lui a affirmé avoir porté les coups à main nue.

Trois jours après "l'agression mortelle" de Clément Méric, étudiant de Sciences-Po âgé de 18 ans, Jean-Marc Ayrault a lancé une procédure de dissolution des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), mouvement de jeunesse de Troisième Voie, un groupuscule dont tous les suspects sont des sympathisants.

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