la droite mise au défi de voter la loi sur la transparence
la droite mise au défi de voter la loi sur la transparence © reuters

C'est le jour J pour la transparence promise : ce lundi après-midi, le patrimoine des 37 membres du gouvernement a été publié sur le site gouvernement.fr, qui propose déjà les déclarations d'intérêts des ministres. Une publication qui fait polémique.

Transparence ? Voyeurisme ? Tout le débat est dans le choix des mots. Le choix, le gouvernement semble pourtant ne plus vraiment l'avoir, après l'affaire Cahuzac et la volonté de François Hollande de "moraliser la vie politique".

Première étape, donc, cette publication des patrimoines de chacun des ministres et secrétaires d'État. L'ensemble est disponible directement en ligne, sur le site du gouvernement.

Nasser Madji est allé consulter le site

Une publication qui est (au moins) soutenue par les Français. La plupart des personnes interrogées (61%) considèrent que la mesure est bonne... Mais 53% pensent aussi qu'il s'agit d'une "diversion".

Précisions de Gaël Slimane de l'institut de sondage BVA Opinion.

Devançant la publication, à l'instar de quelques uns de ses collègues, Frédéric Cuvillier le ministre des transports, avait dans l'après-midi procédé à une opération vérité devant quelques journalistes.

Reportage de Matthieu Darriet

### Grincements de dents dans toute la classe politique C'est d'ailleurs aussi ce que pense une large partie de l'opposition. L'ex-ministre UMP Luc Chatel redoute que le chef de l'État jette "l'opprobre" sur la classe politique, pour masquer la présence d'un "voyou" au PS, référence à peine voilée à Jérôme Cahuzac. François Fillon et Laurent Wauquiez ont d'ores et déjà suivi le mouvement en publiant leur patrimoine, tout en contestant la méthode : "Même si je ne suis pas enthousiaste à cette idée, la transparence sur le patrimoine des hommes politiques étant pratiquée dans 24 pays [de l'UE] sur 27, il faudra bien y passer", explique l'ancien Premier ministre. _Quant à la président du FN, Marine Le Pen, elle parle d'une "course à la pauvreté"._
Même au PS, la mesure ne plaît pas à tout le monde. C'est le président PS de l'Assemblée, Claude Bartolone, qui tape le plus fort. L'élu de Seine-Saint-Denis fait valoir que "déclarer, contrôler, sanctionner, c'est de la transparence" alors que "rendre public, c'est du voyeurisme". _René Dosière, député socialiste, était l'invité de Claire Servajean à 13h._
La transparence, si elle est censée redonner confiance dans la classe politique après l'affaire Cahuzac, n'a pourtant pas grand-chose à voir avec la fraude fiscale de l'ex-ministre. Même à Matignon, on reconnait que cette transparence n'aurait rien changé ou presque à l'affaire... Mais qu'elle "permet de renforcer les contrôles et de procéder à d'éventuels recoupements".
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.