Après la fusillade en Floride, Donald Trump promet des mesures mais déclenche la polémique. Le président américain propose d’armer les professeurs, sous certaines conditions. En réaction aux manifestations des militants anti-armes, la NRA parle d’une "politisation honteuse" de la tuerie.

Un détenteur d'une arme semi-automatique, arme qu'a utilisé le tueur de la fusillade en Floride
Un détenteur d'une arme semi-automatique, arme qu'a utilisé le tueur de la fusillade en Floride © AFP / GEORGE FREY

Une semaine après l’attaque sanglante qui a fait 17 morts dans un lycée de Parkland, en Floride, Donald Trump a été contraint de réagir. Le président américain a reçu mercredi les rescapés de la fusillade, et a évoqué une idée qui, selon lui, éviterait ces drames : le port d’armes pour certains enseignants, au sein même des établissements.

Dans une série de tweets, Donald Trump déclare que cela concernerait 20% des enseignants, déjà entraînés aux armes, et qu’ils suivraient une formation spéciale. Une proposition de longue date de la National Rifle Association (NRA), mais qui n’a pas été bien accueillie par les principaux intéressés.

Dans un tweet, Donald Trump déclare : "Si un potentiel "tireur fou" sait que dans une école, de nombreux enseignants savent aussi utiliser des armes et qu'ils vont directement riposter, le fou n'attaquera JAMAIS cette école. Les lâches n'iront pas là... problème résolu. On doit se battre, on ne doit pas juste se défendre".

Durcissement de la législation ?

Les jeunes lycéens de Parkland ont décidé de lancer leur mouvement anti-armes à feu : des centaines de personnes ont défilé à Tallahassee, la capitale de la Floride, pour changer la législation du port d'armes. En première ligne, Emma Gonzalez, rescapée du drame, est devenue le nouveau visage de la mobilisation. Une grande manifestation doit être organisée le 24 mars à Washington contre les armes, à l’appel des survivants.

Emma Gonzalez, survivante de la fusillade du lycée de Parkland (Floride), lors de son discours le 17 février 2018
Emma Gonzalez, survivante de la fusillade du lycée de Parkland (Floride), lors de son discours le 17 février 2018 © AFP / RHONA WISE

Face à la fronde de la génération post-Columbine, le président américain a dû réagir, et a fait plusieurs annonces. Donald Trump a annoncé qu’il voulait augmenter l’âge légal d’achat à 21 ans, au lieu de 18 ans actuellement. Le meurtrier du lycée de Parkland, âgé de 19 ans, s'était acheté un fusil semi-automatique en toute légalité. 

Le Congrès a l’air plutôt favorable pour finalement faire quelque chose sur ce sujet – je l’espère !

Donald Trump souhaite aussi vérifier le passé des acheteurs d’armes, en insistant sur la santé mentale. Autre mesure qui fait du bruit : interdire la vente des "bump stocks", ces équipements qui permettent de faire d'un fusil une arme tirant des balles à la vitesse d'une mitraillette, soit des centaines de balles par minute. On transforme ainsi une arme semi-automatique en arme automatique.

La NRA dénonce "une politisation honteuse"

Le puissant lobby des armes, n’a pas l’intention de (trop) bouger de position. Wayne LaPierre, le patron de la NRA, dénonce la "politisation honteuse" de la tuerie de Floride. Selon lui, les militants anti-armes cherchent à "éliminer le second amendement", et leur "liberté de porter des armes", afin d’éradiquer "toutes les libertés individuelles. Lors du CPAC, la conférence de la droite américaine, il a terminé son discours avec ces mots : "Pour arrêter un sale type avec une arme, il faut un homme bon avec une arme"

Le lobby des armes a déjà fait savoir qu'il était opposé à tout relèvement de l'âge légal pour acheter une arme, et va encore plus loin : au cours d'une intervention à la Conférence d'Action politique conservatrice, Dana Loesch, porte-parole du NRA, a déclaré que "de nombreux médias adorent les fusillades de masse"

Donald Trump rencontre les parlementaires pour discuter de la sécurité dans les écoles, avant une rencontre avec les gouverneurs la semaine prochaine.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.