PARIS, 25 juillet (Reuters) - Le président français a plaidé mercredi, face à l'aggravation de la situation de l'Espagne, pour une mise en oeuvre rapide des décisions prises par le Conseil européen des 28 et 29 juin, a déclaré la porte-parole du gouvernement.

La mise sous perspective négative des notes de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg par l'agence Moody's confirme également, selon François Hollande, la nécessité d'avancerrapidement sur ces sujets, a dit Najat Vallaud-Belkacem.

"Sa conclusion a été qu'il fallait absolument que les décisions nées du Conseil européen de la fin juin soient mises en oeuvre rapidement et de façon ferme", a-t-elle ajouté en rendant compte du Conseil des ministres.

Selon la porte-parole du gouvernement, il faisait notamment allusion aux dispositions du "pacte de croissance", qui prévoit la mobilisation de quelque 120 milliards d'euros pour relancer l'activité au sein de l'Union européenne.

François Hollande a également insisté sur la mise en oeuvre rapide des mesures décidées par les 17 de la zone euro pour soutenir des pays comme l'Espagne et l'Italie, particulièrementmalmenés par les marchés, a ajouté Najat Vallaud-Belkacem.

"Aujourd'hui, nous nous exprimons en faveur d'une application rapide des décisions et du soutien qui avaient été annoncés fin juin", a-t-elle déclaré. "Le message du président de la République a été de dire que les Etats devaient avoir une réactivité à peu près équivalente à celle des marchés."

Les 17 se sont notamment dit prêts à recourir au Fonds européen de stabilité financière (FESF) et au Mécanisme européen de stabilité (MES) qui doit lui succéder, "de manière souple etefficace", pour stabiliser les conditions d'emprunt des pays de la zone euro sur les marchés financiers.

La mise en oeuvre du MES est notamment retardée par la Cour constitutionnelle allemande, qui a reporté au 12 septembre sa décision sur la ratification de ce fonds de sauvetage par leParlement allemand. SUPERVISION BANCAIRE D'ICI FIN 2012

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, et son homologue espagnol, Luis de Guindos, ont également appelé mercredi à une mise en oeuvre rapide des décisions européennes.

"Notre stratégie commune pour la stabilité de la zone euro comprend l'adoption, d'ici la fin de l'année, d'un mécanisme intégré de supervision pour les banques de la zone euro, impliquant la BCE", écrivent-ils dans un communiqué commun.

"Nous attendons des propositions de la Commission d'ici septembre et nous nous engageons à une négociation rapide. Ce mécanisme de supervision ouvrira la voie à des recapitalisations directes, avec des conditionnalités appropriées", poursuit le texte diffusé après une rencontre des deux ministres à Paris.

Berlin a obtenu que le recours aux fonds de sauvetage européens pour recapitaliser directement les banques de la zone euro soit subordonné à la mise en place préalable d'un mécanisme de supervision unique du système bancaire.

Concernant la mise sous perspective négative des notes de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg par Moody's, François Hollande a plutôt "relativisé les choses", a dit la porte-paroledu gouvernement, et a estimé que cela confirmait "encore une fois la nécessité absolue (...) de mettre en oeuvre rapidement les engagements nés du sommet européen".

Concernant la mise en oeuvre du pacte de croissance, la porte-parole du gouvernement a jugé qu'"il faut, par exemple, qu'au niveau national les préfets de région se mobilisent pour récupérer les fonds européens et pour imaginer un certain nombre de 'project bonds', puisque la possibilité nous en estaujourd'hui donnée".

Les "projects bonds" sont des emprunts obligataires destinés au financement de projets précis, notamment dans le domaine des infrastructures.

Le Parlement européen a ainsi approuvé le 5 juillet l'affectation de 230 millions d'euros à des investissements dans les réseaux de transport, d'énergie et numériques.

Emmanuel Jarry, avec Jean-Baptiste Vey

REUTERS

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